samedi 12 août 2017

Liberté, liberté chérie

en chasse
Elle le sait, non pas qu'elle aime cela, mais si elle veut sortir dans le petit jardin, se cacher sous les plantes, faire ses griffes sur les troncs du yucca et du bignonia, elle doit supporter ce foutu harnais et la longue longue corde légère. La maison est basse, le toit trop tentant pour aller explorer le monde, et la route tout à côté.
Alors, le matin, elle se résigne, assise devant la porte fenêtre elle attend que je lui mette cette entrave. Parfois elle s'en libère, lorsque trop emberlificotée elle ne s'en sort plus de ses allers-retours dans les tiges et les pieds de chaises, et vite elle file comme prise en faute, dans la chambre du fond, à l'abri.
Le soir la porte se referme sur ce petit paradis où elle broute délicatement certains papyrus. Elle regarde le dehors, miaulant de désir.
Puis nous allons nous coucher, la nuit tombée, au loin le ressac berce nos rêves.

Tu n'as pas eu froid cette nuit ? me demande JP un matin.
Un peu oui, pourquoi ?

Il s'était levé, grelottant, était allé dans le séjour et avait trouvé la porte fenêtre grande ouverte, notre Chamade plantée au milieu de la cour, frémissante aux odeurs marines, vibrante de cette liberté volée. J'avais oublié de fermer à clef, le vent avait poussé les portes.
Sagement elle est revenue dormir au chaud, JP a refermé les portes.

Depuis j'avoue être un peu moins tendue de la voir baguenauder la laisse libre, sans attache.

mardi 18 juillet 2017

Du danger de vouloir bien faire.

dimanche 16 juillet
Juste avant de m'endormir, alors que nous venions de basculer dans le jour d'après, Chamade très excitée d'être dans la grande maison d'Alsace avait sauté sur le lit après avoir parcouru son chemin de poutre au dessus du grand vide de l'escalier. Demain elle irait brouter les herbes hautes et chasser le mulot, mais puisque la dernière fois elle s'était aussi chopé une tique, il était temps me dis-je, de lui mettre le produit anti-tiques acheté chez le vétérinaire. En une nuit le produit sera bien propagé, elle pourra sans risque crapahuter parmi nos petites amies voraces.

Je l'immobilise, j'ai déjà une ou deux fois utilisé des pipettes vermifuge, je sais où il faut déverser le liquide, juste entre les oreilles, un peu à la base, elle ne bronche pas, elle est si docile.
Je tourne le bec, et doucement fait couler le produit. Chamade s'affole, s'arrache à mes mains, part comme une flèche, je ne la vois plus de la nuit, elle qui aime tant se blottir contre moi.
Bah, c'est normal, elle est dans sa maison, elle va chasser et guetter à travers les vitres ce dehors qu'elle rêve de rejoindre.
Le lendemain elle n'est pas là, elle ne vient pas me voir, je l'aperçois assise sur un tapis, inquiète. Impossible de l'approcher, elle qui dès le premier humain debout n'a de cesse qu'on lui ouvre la porte, se cache derrière la rangée de petits meubles bas du dernier étage lorsque l'on s'approche.
Toute la journée elle reste planquée, invisible, apeurée. Les rares fois où je peux la toucher, elle est sur le qui-vive, pas de ronronnement, pas de miaulement, paranoïaque.
Aurait-elle rencontré nos colocataires, les fouines ?
Au petit déjeuner un renard passe devant nos fenêtres, est-ce lui qui l'inquiète tant ?
Toute la journée nous nous désolons de la voir si étrange, si peu elle même.
Le lendemain elle tente une sortie, quelques pas devant l'entrée, à l'aguet, retrouvant un très léger ronronnement, demandant même sa pitance, mais loin très loin de la chasseuse indépendante habituelle.
Et puis dimanche, alors qu'elle n'a plus le droit de sortir, nous partons dans l'après midi, elle retrouve son tonus et miaule et miaule pour aller dehors.

Ce n'est que lundi que j'ai cherché sur internet s'il y avait des témoignages évoquant des problèmes liés à l'insecticide que m'avait vendu le vétérinaire.
Et oui ! Le fameux Brav'ecto semble provoquer ce genre d'intoxication, certains chats et chien en meurent, d'autres plus chanceux comme Chamade passent un très très mauvais moment.

Ma petite poilue a retrouvé sa vivacité, j'ai appelé le vétérinaire pour lui signaler ce qui lui était arrivé, et je me tiendrai dorénavant au tire-tique mécanique, même si je dois me contorsionner.

mercredi 12 juillet 2017

Douze juillet

Date inoubliable, ce douze juillet mille neuf cent quatre vingt onze, soleil de plomb et tout au bout un enfant, G. magnifique, si grand, si calme, qui partait pour une aventure douloureuse mais triomphante.

Aujourd'hui il termine son Master2, et puisqu'il a réussi le concours qui lui permet de faire une thèse sur les graines de colza, le voilà parti pour trois ans en Bretagne, pour  devenir docteur en biologie végétale.

C'est une belle année que deux mille dix sept, avoir mes deux enfants sur le sol français, à porté de téléphone, et les savoir heureux dans leur travail.

mardi 11 juillet 2017

mes lectures vite vite

Depuis la fin mai je n'ai plus écrit un mot sur mes lectures en cours.

J'ai pris quelques notes mais succinctes

Le dernier jour de mai j'ai fini un roman prêté par A. mon amie, de Guillaume Le Touze La mort du Taxidermiste L'histoire d'un couple Bernard le taxidermiste et Louise, son épouse rencontrée alors qu'il est dans un camp. Ils ont deux enfants, Marianne et Antoine. C'est leurs vies, chacun son histoire vécu, son secret, ses douleurs. La Corse en toile de fond.  J'ai vraiment aimé ce livre dont un résumé plus fourni est à lire .

Et puis Juin :

Un livre de Ian McEwan L'intérêt de l'enfant. Juge spécialisée en droit de la famille, mariée depuis des années à un homme qu'elle aime. Passionnée par son métier, elle y pense jour et nuit, délaisse sa relation avec son mari qui se laisse charmer par une jeune femme. Le manque de relation sexuelle le pousse à demander à sa femme l'autorisation de la tromper juste pour cela. Elle est horrifiée, refuse absolument, du coup il part et elle reste seule avec sur le dos une affaire qui la bouleverse plus que cela ne devrait. Un jeune ado, presque majeur, atteint de leucémie, refuse une transfusion sanguine en raison de son appartenance à la secte témoins de jehovah. Elle ordonnera les transfusions après une réflexion longue et une conversation avec l'ado. J'ai tellement aimé ce livre.

Et je me suis enfin attaquée à Virginie Despentes et son fameux Vernon Subutex 1. Je n'imaginais absolument pas que j'aimerai ce livre. Très glauque, la vie d'un homme qui bascule. Un de ses amis meurt, celui qui subvenait encore à sa subsistance dans le monde des logés. Il est chassé de chez lui par un huissier et démarre une vie d'errance. Tout autour on découvre ses anciens compagnons du temps où il était disquaire. C'est noir très noir, mais j'ai parfois l'impression de replonger dans mon adolescence, non pas la noirceur, mais les références constantes musicales et un certain "art de vivre" qui me semble ancien.

En passant à la Fnac, où je cherchais un câble pour mon Iphone, je suis tombée sur deux livres de poche côte à côte. Deux livres de Henning Mankel, mon écrivain adoré,  Les chaussures italiennes que j'avais lu il y a quelques années, et dont je ne savais pas qu'il y avait une suite. Puisque je n'avais plus vraiment de souvenirs, j'ai préféré le relire.
Un homme se réfugie dans la maison familiale sur une petite ile. Isolé avec son chien et son chat, il vivote, jusqu'à ce qu'un ancien amour qu'il avait abandonné débarque en phase terminale pour lui demander de tenir la promesse qu'il lui avait faite avant de filer en douce aux états unis sans lui dire au revoir. Elle était enceinte, il ne l'apprend que plusieurs jours après son arrivée, il est père et sa vie en est bouleversée.
J'ai enchaîné immédiatement avec Les Bottes suédoises.
Une nuit sa maison brûle, très vite l'enquête se tourne vers un incendie criminel et il imagine qu'il est le suspect numéro un. Dans l'incendie a brûlé les chaussures italiennes offertes par sa fille. C'est la lente remonté de cet homme qui a tout perdu. Evidemment ces deux livres sont supers, vraiment !

 Vers la fin juin je suis passée chez Décitre où le livre de Serge Joncour Repose-toi sur moi était mis en avant. Prix Interallié... un prix... normalement le livre sort du lot... Une femme riche et sophistiquée mais qui a peur des deux corbeaux qui nichent dans l'arbre de la cour et qui ont fait fuir un couple de colombe. Un homme rustre, paysan, qui est monté à la capitale après que son épouse a succombé à un cancer dû sans doute aux cochonneries épandues sur ses vignes. Et paf incroyable voilà t'y pas que les deux se rencontrent et tombent amoureux. La riche et le pauvre. Bon c'est mieux que du Musso, mais prix interallié...

J'y étais surtout allée pour acheter la suite de Vernon Subutex  de Virginie Despentes. Maintenant Vernon est tout à fait sans domicile fixe, à la rue, devenu une sorte de gourou. Ses amis le retrouvent dans un parc, sous les arbres. Difficile de raconter l'histoire, mais bien que toujours très noir, j'aime retrouver les différents personnages. Cela réveille toujours autant ma folle jeunesse, et  je me demande comment les lecteurs plus jeunes perçoivent ce livre, si les références réveillent autant d'émotions, si l'imagination peut être autant mise en branle que notre génération qui a vraiment vécu cela.

Et ce dimanche, j'ai lu Les jours de mon abandon de Elena Ferrante.  Un jour son mari qu'elle chéri la quitte. Il la déjà quittée deux fois, mais à chaque fois était revenu. Là il ne revient pas, elle sombre dans la folie et c'est très angoissant. Le livre est très dur à supporter et lorsque je l'ai terminé je me suis sentie libérée. Pourtant ce livre m'a vraiment embarquée, j'en suis sortie essorée, mais je l'ai aimé. D'autres en parlent .

J'attaque maintenant le n°3 des Vernon.

mercredi 28 juin 2017

un abruti


Une espèce d'abruti. Un mec qui n'a pas compris que les femmes ont le droit de s'exprimer. Un mec qui pense que la violence est la seule façon de dire sa mauvaise humeur et tant pis si cela tombe sur moi.
La journée était presque finie, j'attendais qu'un technicien vienne chercher un jeu de clef pour une intervention dans un appartement vide, j'entamais un bail, un de plus, ce mois de juin est vraiment très chargé, et ma collègue de l'accueil est venue demander si cela nous disait quelque chose une intervention sur une chaudière. Il est là dit-elle, il ne sait pas chez qui il doit aller, il veut des clefs mais il est incapable de dire pour qui ! Elle aussi est fatiguée, un peu marre de se faire agresser.
C'est pour moi ! Je me lève avec ma clef, je fonce tout sourire à l'accueil et tombe sur l'abruti, visage fermé "De toute façon il est trop tard, j'irai pas aujourd'hui."
Ah ? Bon. Mais pourquoi voulez-vous les clefs alors ?
Et c'est à ce moment que l'abruti se révèle, il élève la voix, il me traite d'incapable, regard de mépris.
Ben mon coco, j'ai pas le temps avec tes humeurs pensé-je. Pas grave lui dis-je, je vois avec la boite qu'elle programme un autre rendez-vous c'est tout. Il y a eu une incompréhension, de quel côté j'en sais rien, ça arrive, c'est pas de votre faute. J'ai encore pas mal de truc à faire, je retourne dans mon bureau et là Monsieur pète un câble, Monsieur ne supporte pas que je reparte et lui tourne le dos, Monsieur a sa fierté, Monsieur doit finir de s'expliquer.
Ben je vois pas trop ce qu'il faut dire en plus. Il est venu, on lui a donné de mauvaises clefs parce qu'il ne savait pas lesquelles il voulait, il est revenu énervé pour jeter les clefs au guichet et c'est là que ma collègue vient nous voir au cas où, là que j'entre en scène sans savoir ce qui s'est passé avant, c'est tout, c'est pas grave, ça arrive parfois et y'a pas mort d'homme. On prendra un nouveau rendez-vous, la terre va pas arrêter de tourner non plus, et j'ai du boulot.
Oui mais Monsieur lui il veut parler, il ne supporte pas que je m'en aille, il doit encore me gueuler dessus, c'est son truc à Monsieur, me cracher sa haine des femmes, et il s'énerve, il jette sa tablette par terre il s'avance de plus en plus menaçant, haineux, et je commence à avoir peur, mes collègues sont figées elles aussi, tant de violence, un con ! Un de plus ! Fatigue...

Rester calme jusqu'à son départ et puis envoyer immédiatement un mail à son responsable, pour que plus jamais il ne mette les pieds dans l'agence.
Mais le responsable doute, c'est un si gentil Monsieur, jamais une plainte, jamais, ne serait ce pas moi qui l'aurais provoqué ?
Ben nan chouchou, j'ai une dizaine de témoins qui peuvent confirmer que je suis restée calme, jamais agressive, au contraire, j'ai immédiatement dit qu'il n'était pas responsable et que ce n'était pas grave. L'abruti vient de se révéler c'est tout. Et même si, comme le dit son responsable qui est venu à l'agence pour "comprendre" ce qui c'était passé, il a peut être eu une journée difficile, moi aussi vois-tu, même si je ne te l'ai pas dit, en ce moment c'est un peu dur à la maison, et pourtant je ne vocifère pas, je ne menace pas, je sais faire la part des choses.

Non, y'a juste des abrutis qui n'ont pas compris que le monde évoluait, des abrutis qui restent persuadés que les femmes devaient fermer leur gueule et trembler devant eux.

vendredi 23 juin 2017

Elle

C'est juste avant que le réveil ne sonne, dehors les oiseaux apaisés par la fin du la nuit, elle est contre moi et je pose ma main sur sa fourrure douce. Je caresse, elle ronronne. Tiens ? Une petite boule, nouvelle, juste à côté de sa colonne vertébrale, je m'attarde, je palpe, un kyste ? Elle ronronne, c'est le moment béni où je câline avant de descendre de mon échelle me préparer mon café, avant que je ne la quitte pour aller travailler.

La journée file, parfois cette petite boule revient me titiller.

Je pianote sur mon clavier, chat-petite boule et sans attendre le moteur de recherche me propose de rajouter colonne vertébrale. Ah ? Donc ce n'est pas si rare ? Je clique et se déroule une page complète de Fibrosarcome. Sarcome... chat, je lis un puis deux puis trois articles, le fibrosarcome, très courant, collé à la colonne vertébrale, là où s'injectent les vaccins.
Elle m'attend derrière la porte, comme tous les soirs, m'invite à la caresser dans cette petite caisse grattoir qu'elle aime tant. Je m'agenouille, elle ronronne déjà, ma main évite la colonne, elle a maigrit, elle est de plus en plus fine, la vieillesse de cette moitié de siamois, les hanches de plus en plus saillantes, je caresse elle ronronne. Une petite boule qui ne quitte plus mes pensées.

La soirée douce, je la regarde, est ce ainsi donc que l'on va se quitter ? Treize ans que l'on s'aime...

Et puis la nuit s'est étirée, son corps si léger et si lourd, collé contre le mien, demain nous avons rendez-vous chez le vétérinaire.

Posée, aplatie sur la table d'examens, elle se laisse palper, triturer, elle ne tremble pas, ne bouge pas. La jeune femme qui remplace celle qu'elle hait de tout son corps sourit "cela ne m'inquiète pas du tout, c'est un petit kyste de gras, rien du tout, on n'y touche pas, on observe rien de plus" Et puisque nous sommes là, elle en profite pour écouter son coeur, inspecter ses dents, chaque parcelle passée à la loupe. "Vous repartez pour treize ans !".

Peut être va t'elle me survivre pensé-je plus légère, en repartant la caisse sous le bras.

dimanche 4 juin 2017

en voiture

J'ai réussi à glisser le grand carton dans la voiture, mon parasol rectangulaire couleur sable, sans que cela ne me dérange dans mes mouvements et ma vue, ouf ! Dans le coffre il y a le pied, lourd, 25 kilos, qui brinquebale dans les virages, je sors de chez Botanic.
Il commence à y avoir du monde, je m'insère tranquille dans le gros rond point, mets le clignotant à droite, me rabats, rejoints la rue des Buchillons et là, deux flics me bloquent la voie, me font signe de me garer, l'air mauvais.
Ben merde !?! j'ai ma ceinture, je roulais à 43 kmh, mes pneus sont bons, je...
Eteignez votre moteur. Ok je tourne la clef, l'enlève la pose sur mon siège (voyez monsieur l'agent je suis pas une terroriste, je vais pas foutre le camp, je suis une brave fille, merde merde merde). Qu'est ce que j'ai fait ? Je fouille en vitesse supérieure dans mon cerveau. Jésus marie joseph saint eugénie et tous les anges, j'espère que j'ai mes papiers, que mon petit papillon d'assurance est le bon, je vois que la date du contrôle technique est dans un an pile...
Votre permis de conduire, papiers du véhicule, assurance. Elle est froide comme un glaçon et son collègue m'inspecte à travers le pare-brise. Il tourne une fois, deux fois, trois fois autour de ma Yaris, je suis muette, je tends mes papiers espérant que ce soient les bons et pas ceux de l'Insight (on se mélange parfois les cartes grises JP et moi...)
Le collègue s'empare de la carte grise et téléphone, dos tourné. Pendant ce temps c'est l'autre qui fait son propre tour de la voiture, j'attends, patiente, n'en mène pas large.
Elle revient, la carte grise en main "Vous l'avez acheté quand cette voiture ? " voix suspicieuse.
Merde mais je sais plus moi. Euh en 2000 ?
2004 ! merde merde raté... c'est grave de pas savoir ???
Elle est encore en drôlement bon état dit-elle avec un demi sourire. Vous vous en occupez bien dites donc. L'autre s'approche, toujours aussi glaçon. Puis lentement le couple semble se détendre. Vous faites les révisions hein, vous êtes parfaitement en règle.
Alors avant de partir, avant "qu'ils me remettent dans la circulation", je demande "mais pourquoi vous m'avez arrêtée moi ? C'est ma tronche ?"
Eh bien non, c'est parce que ma voiture est une vieille voiture voilà, ils arrêtent en priorité les plaques anciennes, et c'est vrai que dans la région elles ne sont plus très fréquentes.
Ma vieille et bien entretenue voiture avec ses plaques à l'ancienne et moi repartons "dans la circulation".

Mais pourquoi, pourquoi me sentir inévitablement coupable alors que je savais pertinemment n'avoir rien à me reprocher ?