mardi 9 août 2016

repos

le crépi avant

Un expert est venu tout exprès de Reims nous donner un cours de crépi à la chaux, et depuis crapahutant sur l'échafaudage, mon frère et ses neveux, munis de truelles et de seaux de maçon, refont de la maison dans les règles de l'art sous l'oeil de JP, qui se repose et reprend des forces grâce aux bons plats de maman. 

J'ai fait un aller retour express ce week end, pour embrasser C. qui rentrait des Comores et rapporter en Haute Savoie les bagages dont elle n'aura pas besoin cet été. Il faisait si beau, et j'étais si épuisée.


mes copines d'Alsace

Au retour une sauterelle vert pomme s'est posée sur mon pare-brise pendant que je faisais le plein d'essence. Elle est restée alors que je démarrai, puis a écarté ses pattes et s'est accrochée alors que la voiture prenait de la vitesse. Ses antennes couchées par le vent, le corps s'aplatissant, vaillamment elle a lutté alors que j'attaquais l'autoroute. Au bout d'une dizaine de kilomètres sa volonté m'a tellement attendrie que je me suis arrêtée sur l'aire d'autoroute et délicatement je l'ai récupérée un peu sonnée dans ma main, puis déposée sur l'herbe longeant des bosquets.

Arrivée sans encombre chez moi, derrière la porte sagement m'attendait Chamade.


mercredi 3 août 2016

Régime express

Le voilà avec douze kilos de moins, petit bidon envolé, mais puisqu'il va mieux et sortira demain normalement, je ne me fais pas de soucis, la bonne cuisine de maman va vite lui redonner quelques kilos.

Maintenant j'aimerais bien dormir, je suis arrivée à un stade de fatigue qui fait que mes yeux sont rarement en face des trous. Le soir je m'écroule, mais le sommeil me fuit. Des restructurations au boulot qui font que dès septembre je reprendrai les états des lieux.

J'ai beaucoup réfléchi, aidé en cela par une amie qui m'a fortement déconseillée de donner ma démission sans avoir essayé. Parce que certes je reprendrai les états des lieux, mais le poste évolue et devient plus complet, plus riche, petite augmentation à la clef mais qui n'a eu sur moi aucun impact de décision.

Heureusement bientôt je revois ma fille qui rentre de ses Comores, je pars ensuite au bord de la mer avec JP qui devrait d'ici là avoir repris du poil de la bête.

Tant que nous sommes en vie, tout ces désagréments ne sont que broutilles non ?

vendredi 29 juillet 2016

Et puis la nuit


Tout au fond sont les urgences. Il fait nuit et devant la porte qui coulisse au moindre souffle, une femme au téléphone murmure des mots terribles. A l'intérieur la lumière crue et l'habituel silence chargé d'angoisse. Trois grosses très grosses femmes avachies lorgnent un homme affalé dans une chaise à roulettes, à bout de souffle. 
A gauche l'accueil, une autre femme, étonnamment affable nous renseigne. Oui il est bien pris en charge, depuis à peine une demie-heure. On ne pourra en savoir plus que dans deux ou trois heures. Impossible d'aller le voir.

Alors nous repartons, le coeur un peu serré, un peu perdues. Tout à l'heure B. téléphonera pendant que j'essaierai de dormir pour être en forme s'il faut le chercher au milieu de la nuit.

Lorsqu'à six heures je me réveillerai, personne n'aura appelé pour nous demander de le chercher. Et quand à sept heures j'aurai des nouvelles, ce sera pour apprendre qu'il est en pneumo, mal en point.

Débutera alors une longue semaine d'incertitude. La fragilité d'une vie, le fil qui se tend et tremble, s'effiloche dangereusement.

On saura presque avec certitude qu'il a fait une très grave allergie médicamenteuse, une toxidermie compliquée par sa maladie. Il faudra encore des semaines avant qu'il remonte la pente.
Et ce week end encore je remonterai pour aller l'embrasser, là haut en Alsace.

jeudi 28 juillet 2016

l'apéro abandonné

Et puis maintenant la machine à laver ! 

B. et moi, grillant sous le soleil étincelant, nous lamentons. Week end de merde !
Je viens juste de manquer basculer en reculant avec la voiture, dans le champs à côté, la veille à Nice un minable a tué des dizaines de personnes, mes mollets sont dévastés par une attaque de fourmis.

Ah mais di'don ! dix neuf heures, Apéro !

Au diable les mauvaises nouvelles, en riant nous interpellons JP qui fait la sieste dans la chambre au chien assis. Ouh Ouh JP c'est l'heure de l'apéro !

Mhmmm B. s'inquiète, pas de réaction ? L'heure est grave.
Je vais voir lui dis-je et je monte l'escalier, prête à secouer notre grand dormeur.

Il grelotte, sous la couette, il fait trente degrés dans la chambre. A peine arrive t-il à ouvrir les yeux tant ils sont gonflés. Quatre à quatre je descends les escaliers, thermomètre, je remonte. 39,6 ° pas bon du tout.
Le 15 au bout du fil, historique de la maladie, description des symptômes. JP cherche son souffle, une ambulance est envoyée en urgence.

On imagine encore que le passage à l'hôpital sera bref, on l'embrasse lorsqu'il monte accompagné des ambulanciers dubitatifs sur la réalité de l'urgence.

A tout à l'heure et fait quand même un peu semblant d'aller mal, pas qu'ils nous prennent pour des zozos.

L'ambiance a chuté, l'apéro abandonné. Soudain tout semble si dérisoire, je sais déjà qu'il est inutile de se précipiter, remontent des souvenirs qui semblaient à jamais effacés.

Allez, on y va, Colmar est à une vingtaine de minutes, le temps qu'ils le prennent en charge, il sera peut être déjà là à attendre qu'on vienne le chercher.

Le soleil s'abîme dans les vignobles, le parking de Pasteur est presque vide et nous traversons l'hôpital désert. Tu iras rechercher la voiture parce qu'il doit être fatigué me dit B., inutile de lui faire faire tout ce chemin à pied...

mercredi 27 juillet 2016

un soupir

J'étais dans la pénombre de cette chambre d'hôpital, attendant que JP revienne de son scanner. Le vieux monsieur d'à peine soixante seize qui en paraissait quinze de plus, dormait enfoui sous ses couvertures, dehors quelques oiseaux pépiaient, je twittais, j'attendais, pas de bruit...

Et puis la fille du vieux monsieur que j'appelais en mon for intérieur, Maître Yoda tant il lui ressemblait, est arrivée, a posé son sac, s'est approchée du lit et a dit : Papa je suis là. Il a vaguement ouvert un oeil, noir, et a replongé dans un sommeil profond.

Nous sommes restées silencieuses, un moment, puis nous sommes regardées. Il a l'air si gentil votre père. Il a l'air a-t-elle dit, il est terrible en réalité. Nous avons entamé une conversation, chuchotée, son père avait une tumeur au cerveau, faisait des crises d'épilepsie et puisque caractère de cochon, refusait toute aide chez lui. Il était donc là, en surveillance, le temps de l'adaptation du médicament.
Seul depuis deux ans.

Assise sur la table, balançant légèrement les jambes, regardant son père dormir, moi dans le fauteuil bleu à roulettes, l'Ipad posé sur mes genoux. Le ventilateur bruissant. Puis, dans un soupir elle a dit : Les deux années passées ont été rudes. Ma mère d'abord, puis ma soeur un an après et le treize novembre mon fils, au Bataclan.

Mes yeux se sont noyés de larmes, le silence s'est posé comme un voile, sous ses couvertures Maître Yoda dormait.



mardi 12 juillet 2016

de l'intérêt de perdre pour dormir

La veille nous avions regardé les avions décoller au dessus du lac et les étoiles s'allumer en buvant champagne et rosé, allongés sur des couvertures qui petit à petit buvaient l'humidité de la nuit tombée. Avec ma copine A. nous avions fini la soirée très tard et ma nuit avait été courte. Finale ou pas j'étais crevée et je m'étais mise au lit tôt le lendemain, le chat collé contre moi, G. parti vers la fanzone de Plainpalais en milieu d'après midi.

Je m'étais assez vite assoupie, et lorsqu'un hurlement de joie avait retenti dans la cour, je m'étais enfilée mes bouchons d'oreille pour pouvoir continuer ma nuit. OK me suis-je dit, ils sont champions, ma nuit va être finie dans quelques minutes et pouf j'avais replongé aussi sec dans mes rêves.

Et puis... le réveil à sonné, j'avais dormi comme un bébé.

En saisissant mon Ipad la nouvelle du Huffington post m'informait que le Portugal était champion. C'était donc ça ma grande nuit.
J'étais triste pour mes collègues qui se réjouissaient tant, pour ces gamins qui partout s'étaient peints les joues en drapeau tricolore. Je ne comprends rien de rien au foot, je n'aime pas entendre des heures durant les commentateurs qui jamais ne se taisent, j'aime juste les ambiances festives et rigolotes.

Le lendemain je les ai bien fait rigolé au bureau en jouant l'éplorée, m'offusquant des klaxons portugais de la nuit, m'indignant qu'une main qui ne soit pas d'Henri ne soit sanctionnée et nous avons refait ce match que je n'avais pas vu.

Le soleil brillait, j'avais mis du rose sur mes orteils, mon dentiste a recollé mon onlay perdu en croquant une tomate il y a trois semaines. Le soir je retrouvai enfin mon ostéo pour une remise en place de tout ce qui avait été déglingués en novembre lors de ma chute mémorable. Une belle journée.

Et là, tout de suite, mon G. fête ses vingt cinq ans, et rien que ça rend ma vie encore plus belle !


vendredi 8 juillet 2016

la suite...

Et voilà la suite de mes lectures, les unes derrière les autres, de mai à juin. 

Harlan COBEN Tu me manques Le dernier paru en poche. Une jeune femme, du FBI, enquête sur le meurtre de son père. Voilà, c'est un bon polar. Mais comme toujours, que dire d'un polar sans en dévoiler l'histoire. Un bon Coben.

Patricia DARRÉ N'ayez pas peur de la vie après l'avoir vue dans une émission à la télévision, j'avais envie de lire ses livres et j'ai acheté le premier qui des trois est celui qui m'a le plus plu. Elle y parle de sa façon de voir l'au delà, pas de croyance religieuse. C'est un livre plein d'optimisme. 
Les deux autres livres de Patricia Carré m'ont été prêtés.
L'invisible et la science  J'aime bien cette confrontation avec la science. Certaines choses me semblent encore un peu curieuses, mais l'idée que la vie continue d'une autre façon après la mort me plait bien.
Les lumières de l'invisible Il y a des choses déjà évoquées dans les deux autres livres déjà lu. En fait c'est des trois le premier livre édité, donc ce sont plutôt les autres livres qui reprennent des histoires évoquées dans ce livre. Ces livres sont très faciles à lire, intéressants sans être vraiment convainquant.

M.J. ARLIDGE am stram gram Le début est vraiment bien, le polar bien glauque. C'est vers la fin que j'ai été déçue. L'histoire : des couples disparaissent, un seul revient vivant et détruit mentalement. Chaque survivant s'accuse du meurtre de celui qui a disparu avec lui, la seule façon de se libérer. L'inspecteur Helen Grace semble mêlée (du moins vers les deux tiers il semble qu'elle est visée par le tueur) aux enlèvements et meurtres.

Viceva STEN Les nuits de la St Jean J'ai lu les deux premiers livres de Viveca Sten l'année dernière et ils m'avaient semblé un peu léger. Ce troisième livre est vraiment bien, plus abouti. Une jeune fille disparaît en revenant de la fête de la st Jean. Elle ne réapparait qu'au bout de plusieurs mois, du moins un bras enterré est découvert pas des enfants qui jouent à cache cache dans la forêt. L'inspecteur Thomas Andreasson démarre l'enquête. On retrouve les différents acteurs des deux autres livres. La fin est triste et cela termine un bon polar


Gilbert SINOUÉ L'homme qui regardait la nuit Un chirurgien réfugié sur une ile grecque avec son fils qu'il cache. C'est le début d'une belle et poignante histoire. Il vie humblement de la médecine, et porte un drame qui a bouleversé sa vie au point de lui faire quitter un poste important de chirurgien cardiaque où il excellait et était admiré. On sait assez vite qu'il a dû faire une erreur lors d'une intervention, mais c'est tout le chemin qu'il va faire pour se l'avouer. C'est un livre que j'ai vraiment aimé, de la bibliothèque de la maison d'Alsace.

Iris WRONG Héroïque Bah bah bah j'ai détesté ce bouquin mais je suis allée au bout parce qu'il est intriguant et pas mal écrit. Je ne peux pas vraiment en dire plus, je n'ai ni accroché, ni compris. Et curieusement nous en avons deux exemplaires dans notre immense bibliothèque de la maison d'Alsace ?!?

Marion RUGGIERI Pas ce soir je dine avec mon père C'est la fille d'Eve Ruggieri, je ne l'ai su qu'après avoir fermé le livre. Sympa, mais l'impression de l'avoir déjà lu tant cela ressemble à d'autres livres de cette génération de trentenaire. Son père qui est de la mienne (de génération) ne veut pas vieillir et se comporte comme un copain un peu lourd. Il lui détaille ses histoires de cul et lui reproche de ne pas être assez sexy. Elle a un amant né à la même date que son père. Voilà, vite lu, mais pas indispensable.

  Liane MORIARTY Le secret du mari Le vrai bon livre de plage, que l'on ouvre et ne quitte plus avant la fin. Plusieurs portraits de couples, une histoire qui démarre par une lettre qu'une femme trouve par hasard dans son grenier et qui lui est destinée, mais qu'elle ne devra lire qu'une fois son mari mort. C'est bien foutu, c'est très facile à lire, franchement c'est un roman très sympathique

Ragnar JONASSON SNJOR Un polar islandais qui se passe en plein hiver, de la neige qui ensevelit tout. Un jeune policier est muté pour son premier vrai poste dans un commissariat d'un petit village où jamais rien ne se passe. A peine est il là que l'on retrouve dans un jardin une femme, étendue dans la neige, nue et ensanglantée. Presqu'au même moment une avalanche bloque l'unique sortie du village et Ari Thor le policier se sent pris au piège, se débattant avec une histoire d'amour à longue distance, sa fiancée ne l'ayant pas suivi. Bon, qu'est ce que j'en pense... Ce n'est de loin pas un mauvais polar, j'aime beaucoup ces ambiances du grand nord, l'énigme n'est pas évidente, pourtant il manque quelque chose pour accrocher vraiment. Je ne sais pas exactement quoi, une certaine épaisseur des personnages peut être.

Pierre LEMAITRE Trois jours et une vie Un jeune garçon, qui vit seul avec sa mère, dans un village tranquille. Un jour une voiture écrase le chien du voisin, un chien avec qui ce jeune garçon avait pris l'habitude de se balader, de l'emmener dans la forêt où il contruisait une cabane. Et là, sa vie bascule. Je n'en dis pas plus de l'histoire. Comme dans Au revoir là haut, il s'agit de la vie en province, loin de l'agitation des grandes villes, une sorte de résignation dans la lenteur. Même si les enfants découvrent avec passion les play station, on est loin, très loin de la frénésie qui agace les habitants des grandes villes. Franchement, je ne veux pas en dire plus, parce que j'ai aimé ce livre et qu'il faut en savoir le moins possible pour être entraîné dans cette spirale infernale.

 Arnaldur INDRIDASON Le Lagon Noir Tout au long du livre je me disais que je l'avais déjà lu. Et puis je vois qu'il n'est sorti qu'en 2016 en France, donc c'est impossible et pourtant j'en reste persuadée. Bref c'est un bon Indridason, mais déjà lu !