mardi 24 janvier 2017

des nouvelles

Il y a cet espèce de machin orange qui éructe les trois mots qu'il connait et qui est maintenant le président des états unis, et je me demande comment on a pu en arriver là.

Dimanche nous sommes allés nous perdre dans un quartier désert et un peu angoissant pour voter à la primaire de gauche. Des bulletins en pagaille, une pile de blanc et les piles de ceux qui se présentaient. Sans grand conviction j'en ai choisi un et mon enveloppe est venue rejoindre les 140 reposant au fond de l'urne, il était près de dix sept heures...
Puis nous sommes allés nous offrir une trentaine de tulipes rose et parme pour le joli vase trouvé chez Botanic et soldé moitié prix.

Il fait froid, la neige ne fond pas vraiment, j'ai trouvé des beaux gants en cuir doublés cachemire qui me protègent un peu mieux de l'onglée lorsque je fais du vélo. L'hiver est moins terrible lorsqu'on l'affronte en pédalant. Je vois le jour naitre, le soir est encore bien noir en sortant de l'agence, mais au moins je profite des saisons.

Le gros rush du début d'année s'est calmé, même si je suis entrain de remplir la première semaine de février, je sais maintenant que j'aurai aussi des journées un peu moins rudes où je pourrai rester au bureau pour faire ce que j'aime.

Ne me reste plus qu'à reprendre le yoga et à JP de défaire le sapin.

Aujourd'hui, Hervé aurait eu soixante trois ans...


mercredi 18 janvier 2017

Hibernation

Se doucher, penser à bien finir à l'eau froide, se maquiller légèrement, se coiffer et prendre le premier pull dans la penderie, j'hiberne !
Je vais toujours au bureau en vélo, couverte comme un ours dans son antre, à peine reconnaissable, mais sans peur et au chaud, j'ai abandonné pour un temps l'idée d'être coquette, j'hiberne !
Je m'écouterais, j'irais du bain au lit et du lit au bain, une montagne de livres à porté de main, un café éventuellement, loin de la bise qui traverse la ville, j'hiberne !
Tout de même, j'ai envoyé nos voeux papier, j'avance à grand pas au bureau et ma pile de dossier baisse rapidement, ma shiatseuse s'occupe de mon plexus qui met de la mauvaise volonté à s'assouplir, Chamade a retrouvé le chemin quotidien de sa caisse et j'ai même eu le temps entre midi et une heure d'envoyer un paquet à C.
Mais tout de même, alors que l'hiver s'est installé ici, que nos guirlandes clignotent toujours sur le balcon et que JP freine à défaire le sapin, je resterais bien terrée dans ma caverne à attendre que le printemps arrive...
J'hiberne !

vendredi 13 janvier 2017

de tout de rien

La semaine s'achève avec ma première brioche spécial boulot de l'année. L'état des lieux prévu ce matin est reporté à lundi, je me suis bloquée la matinée pour pouvoir avancer dans mes dossiers.
Deux collègues m'ont déchargée d'un état des lieux chacune, cela me donne un peu d'air et elles savent que c'est à charge de revanche. Elles auront sans doute elles aussi, une période intense de départs et entrées. La chance que j'ai c'est que tous ceux que j'ai fait entrer ou sortir depuis le 3 janvier, ont été adorables.

Il neige, l'hiver est arrivé, mais tant que je peux pédaler tout va bien. Jeudi, en poussant mon vélo sur le parking totalement blanc et glissant, je me suis cassée la figure emportant ma merveille qui, du coup, a déraillé d'émotion. Je partais pour un état des lieux et dans le stress il m'a été impossible de replacer la chaine. Je suis revenue toute crottée au bureau pour demander de l'aide. Un collègue s'est dévoué pour me conduire jusqu'à mon rendez-vous et une fois celui ci terminé, je me suis fait raccompagner. Ce n'est que le soir, à l'abri, tranquillement, que j'ai pu remettre cette foutue chaine coincée et récalcitrante.

Anaïs m'a offert une chapka en fourrure d'animal synthétique, très jolie, très chaude, qui va très bien avec le col que j'ai trouvé à Monoprix, tout poilu. Je suis parée contre les éléments déchainés et tant que je peux ne pas sortir la voiture, je me régalerai de ne pas chercher de place pour me garer, de filer dans les parcs enneigés, de doubler les files de voiture bloquées, et surtout, surtout, d'avoir à chaque fois qu'un conducteur s'arrête pour me laisser traverser, un petit instant précieux de joie de vivre.

Et même si je suis fatiguée, il m'est doux de retrouver le sourire.

mercredi 11 janvier 2017

De l'air !!!

Nous sommes dans le hall, attendant les deux experts mandatés pour un dégât des eaux ayant endommagé la totalité de l'appartement. Dehors il neige et la luminosité si particulière donne un air de fête à cette journée.
On bavarde, tranquillement, un ancien collègue devenu responsable d'agence, quelques membres du syndic, une collaboratrice nouvellement arrivée dans l'immobilier. Et puis arrive l'un derrière l'autre les experts et nous montons retrouver mon locataire.

L'appartement est... étonnant... particulier...

Les murs à nu, plus de papier, couverts de feuilles transparentes en plastique, de ces rouleaux que l'on utilise pour recouvrir les livres de classe. Punaisées, scotchée. Tout le studio, tous les murs.
La fuite provenait du réseau de chauffage de la salle de bain, rien à voir avec le séjour, rien et pourtant...
Nous nous regardons, interloqués.
Le locataire explique, depuis deux mille dix c'est comme ça.
Mais la fuite date d'il y a six mois ?! Oui oui mais c'est des infiltrations provenant de la façade.
Le testeur d'humidité ne marque rien, tout est sec.

Levant les yeux je m'étonne, pourquoi toutes les aérations sont elles bouchées ? Bien bouchées d'ailleurs, tout ce qui pourrait apporter un peu d'air dans le studio est minutieusement recouvert de scotch, papier, collant. Aucun filet d'air.
Je lui explique l'importance de la circulation de l'air, mais il n'en démord pas, n'en démordra pas, ces aérations n'en sont pas, il y a du béton derrière, pas d'air, rien, rien de rien, absolument rien, du béton, des poutres porteuses, certainement pas les caissons des volets, aucun doute.
Un des experts monte sur la chaise, décolle partiellement les scotchs, approche sa main, un filet d'air passe, ce sont bien des aérations.

Tout le studio est à refaire, intégralement.

Du dégât des eaux, réparé, ne sera pris en compte que la recherche de fuite et le tablier de la baignoire tout neuf, jurant dans cet appartement misérable.

Le reste... le reste est à la charge du locataire, frileux, qui empêchant l'air de circuler à fait de son studio une catastrophe.

mardi 10 janvier 2017

des ailes pour être libre


Alors que je finissais de coudre le bonnet rayé bleu que je m'étais tricoté un peu plus serré que le précédent, pour que l'air ne passe plus et que mes oreilles aient moins froid, j'avais reçu un message de D. proposant de nous apporter des croissants et boire un café.  Cela fait maintenant un mois au moins qu'il est hospitalisé après un burn out sévère dû à son travail et ce dimanche il était en permission.
Viens lui dis-je, je suis encore en pygus et JP finit la carte de voeux.

Le temps qu'il arrive, je m'étais douchée, cheveux lavés et séchés et tenue d'intérieur toute fraiche repassée.
Second café, un croissant délicieux, bien sûr nous avons parlé boulot, bien sûr...!
C'est lui qui, au détour de nos jérémiades, a évoqué la rupture conventionnelle.

Une fois parti, j'ai fini mon bonnet, consulté la liste des films à voir au Gaumont, remâché encore et encore mon angoisse boulotesque.
Nous sommes allés voir Passengers, gentille bluette romantique parfaite pour s'évader de mes pensées délétères, le soir avons ouvert une bouteille de champagne pour fêter la fin du week end et là !!! Légèrement euphorisée par les bulles, j'ai brusquement eu une révélation !!

Après tout me suis-je dit, si vraiment tu ne tiens plus et que ta santé risque d'en pâtir, tu pourras toujours demander cette fameuse rupture conventionnelle !?!

D. au détour de nos palabres certifiait que j'aurai trois ans de chômage et ensuite, ben vu ton âge tu demanderas la retraite.
Mais ouiiiiiiiii, mais oui bien sûr ! Si vraiment je ne tiens plus je ferai ça, et d'un coup mon plexus à retrouvé sa liberté, mon esprit s'est allégé, j'ai dormi comme un bébé.
Hier, alors que mon bureau dégueulait de dossiers, que m'attendaient deux états des lieux, la journée s'est merveilleusement bien passée.

Savoir que j'ai cette liberté me donne des ailes !

lundi 9 janvier 2017

neuf janvier

Certains ont deux anniversaires ...

Pour G., son second anniversaire est le neuf janvier. Ce jour là, il y a vingt quatre ans, quelque part en Espagne, quelqu'un que je ne connaîtrai jamais, mais pour qui j'aurai jusqu'à la fin de ma vie une reconnaissante absolue, quelqu'un a donné, dans sa douleur, l'autorisation que mon fils vive.

J'ai cette image d'une camionnette blanche, arrivant dans la nuit, gyrophare clignotant, se garant devant les urgences. L'homme qui était sorti avec une glacière bleue portait l'espoir d'une renaissance, et JP et moi étions restés figés en regardant les portes coulissantes se refermer derrière celui qui partait au bloc rejoindre notre fils.

L'image aussi de G., allongé sur son lit poussé par le brancardier, petit bonnet en tricot sur le crâne, qui souriait et nous faisait un petit signe de la main alors que les deux grosses portes jaunes pâles lentement s'ouvraient pour laisser passer le convoi vers le bloc.

Et puis au milieu de la nuit, le rendez-vous avec le chirurgien, qui voulant nous montrer l'état du foie qu'il venait de remplacer, cherchait, le visage épuisé, dans ses papiers, la photo jamais trouvée.

Les jours qui avaient suivi étaient rudes, il y avait eu des bas très bas, quelques hauts légers, mais lentement G. avait remonté la pente.

Aujourd'hui les trottoirs sont gelés, exactement comme ce neuf janvier mille neuf cent quatre vingt treize, et à Angers se réveille un jeune homme plein de vie.

samedi 7 janvier 2017

un chat très propre.



Au retour d'Alsace elle avait bien essayé, comme à chaque voyage en voiture, de nous pondre une de ses immondes crottes odorantes, mais avait réussi à peine un petit centimètre merdique.
Parfait m'étais-je dit, elle s'est bien défoulée dans la forêt et a profité de la bonne terre glacée pour laisser ça et là ses petits boudins odorants.
Et puis la semaine a passé, sur les chapeau de roue, et ce n'est que mercredi, soit cinq jours après notre retour que je me suis étonnée de cette caisse vide. Immédiatement j'ai cherché l'endroit qu'elle aurait élu pour déposer ses offrandes, mais niet, rien de rien, aucun pot de plantes, aucune valise décorés.
Zut flute merde !
Dans le fauteuil, chat ronronnant sur les genoux, j'ai longuement massé, délicatement, son petit bedon tout doux et miracle, quelques minutes plus tard, l'odeur si particulière envahissait la buanderie. Une crotte, petite certes, mais au moins une.
Et puis plus rien à nouveau, et hier soir rendez-vous pris après le travail, j'ai empoigné Chamade, hop dans la caisse, la voiture dans le soir glacé, sommes allées voir la véto.
A peine le moteur en route, de trouille, la demoiselle s'est soulagée.
Sur la table d'examen, tremblante, pétrifiée, elle s'est laissée palper, d'un regard absolument terrifié.
Constipée, simplement constipée. Tout à l'air parfait sauf ce colon un peu coincé.
Bah me dit la véto, au moins l'on sait que cela fonctionne.
Devrais-je lui faire faire le tour du pâté de maison tous les jours en voiture ?
Quelques croquettes de luxe et tout devrait revenir en ordre.
Petite facture de soixante et un euros, je repars apaisée, les croquettes et mon petit chat pétant sous le bras.

Et ce matin, miracle, la caisse est de nouveau utilisée !

Vive les fibres !