mercredi 28 septembre 2016

tiens une recette


poissons volants à la Cotinière

Ma copine A., qui nous avait invités dans son nouvel appartement, pour un apéritif dinatoire, avait fait ce soir là une salade merveilleuse pour qui aime les lentilles et les pois chiche.

C'est une recette qu'elle a imaginée après avoir déjeuné chez Mariage Frères, il y a donc une subtile référence au thé évidemment.

Pas de proportions, c'est une recette pouf-pouf, une dose de lentille (verte ou béluga) surtout pas des farineuses comme les corail, une dose de pois chiche (qui pour moi viennent directement d'une conserve), du saumon fumé, des échalotes, de la coriandre en belle quantité et le must du must, de la mangue ! assaisonnement huile et vinaigre

N'oublions pas le thé ! Mariage frères si l'on a, sinon du thé plutôt noir que vert.

On fait cuire les lentilles dans le thé, eh oui ! jusqu'à ce qu'elles soient cuites, fermes, surtout pas molles. Puis on laisse refroidir. On ouvre la boite de pois chiche et on brasouille délicatement pour enlever la peau (pourpapété), on coupe en tout petits cubes la mangue, on cisèle la botte de coriandre et l'échalote, on découpe très très finement le saumon fumé, il est là en suggestion, pas présent de façon nette, mais délicat pour rendre le plat raffiné.

Et puis on mélange délicatement, après avoir assaisonné, ici de l'huile d'olive et du vinaigre de riz, pas besoin de beaucoup, un peu de sel...

Et comme A., on dispose dans de jolies verrines ou des petits bols, on pose une feuille de coriandre, on met au frais.

Un délice !

mardi 27 septembre 2016

reprise

cairns entre Chassiron et Domino

Cela fait maintenant vingt deux jours que nous sommes rentrés de nos vacances oléronnaises. 

Nous y étions partis épuisés, moralement et physiquement, le bout du bout que l'on imagine ne plus jamais quitter. Et puis lentement nous avons repris goût à la vie, JP a perdu cet air de mort vivant, j'ai évacué la tristesse qui m'avait envahie intégralement, nous avons pédalé, picolé, nagé, dormi, lu, jardiné, lézardé au soleil. 
Et lorsque nous sommes repartis de cette île bienfaisante, nous étions revigorés, près pour la rentrée. 

Entre temps G. avait emménagé à Angers pour sa dernière année de fac, C. démarré son nouveau boulot, heureuse et parisienne. Nos deux enfants en France métropolitaine, le plaisir de les savoir à seulement quelques heures d'ici. 

Au bureau, comme je l'avais appris durant l'été, mon poste évolue vers plus de responsabilités, avec hélas à nouveau des états des lieux à la clef. C'est en vélo que je me déplace maintenant, et je traverse le parc, enchantée par la rapidité avec laquelle je rentre le soir chez moi. 

Tout à l'heure j'emmènerai Chamade chez le véto pour la mise à jour de ses vaccins et son contrôle annuel, il ne me restera plus qu'à retourner au shiatsu et je serai alors vraiment rentrée !



mardi 9 août 2016

repos

le crépi avant

Un expert est venu tout exprès de Reims nous donner un cours de crépi à la chaux, et depuis crapahutant sur l'échafaudage, mon frère et ses neveux, munis de truelles et de seaux de maçon, refont de la maison dans les règles de l'art sous l'oeil de JP, qui se repose et reprend des forces grâce aux bons plats de maman. 

J'ai fait un aller retour express ce week end, pour embrasser C. qui rentrait des Comores et rapporter en Haute Savoie les bagages dont elle n'aura pas besoin cet été. Il faisait si beau, et j'étais si épuisée.


mes copines d'Alsace

Au retour une sauterelle vert pomme s'est posée sur mon pare-brise pendant que je faisais le plein d'essence. Elle est restée alors que je démarrai, puis a écarté ses pattes et s'est accrochée alors que la voiture prenait de la vitesse. Ses antennes couchées par le vent, le corps s'aplatissant, vaillamment elle a lutté alors que j'attaquais l'autoroute. Au bout d'une dizaine de kilomètres sa volonté m'a tellement attendrie que je me suis arrêtée sur l'aire d'autoroute et délicatement je l'ai récupérée un peu sonnée dans ma main, puis déposée sur l'herbe longeant des bosquets.

Arrivée sans encombre chez moi, derrière la porte sagement m'attendait Chamade.


mercredi 3 août 2016

Régime express

Le voilà avec douze kilos de moins, petit bidon envolé, mais puisqu'il va mieux et sortira demain normalement, je ne me fais pas de soucis, la bonne cuisine de maman va vite lui redonner quelques kilos.

Maintenant j'aimerais bien dormir, je suis arrivée à un stade de fatigue qui fait que mes yeux sont rarement en face des trous. Le soir je m'écroule, mais le sommeil me fuit. Des restructurations au boulot qui font que dès septembre je reprendrai les états des lieux.

J'ai beaucoup réfléchi, aidé en cela par une amie qui m'a fortement déconseillée de donner ma démission sans avoir essayé. Parce que certes je reprendrai les états des lieux, mais le poste évolue et devient plus complet, plus riche, petite augmentation à la clef mais qui n'a eu sur moi aucun impact de décision.

Heureusement bientôt je revois ma fille qui rentre de ses Comores, je pars ensuite au bord de la mer avec JP qui devrait d'ici là avoir repris du poil de la bête.

Tant que nous sommes en vie, tout ces désagréments ne sont que broutilles non ?

vendredi 29 juillet 2016

Et puis la nuit


Tout au fond sont les urgences. Il fait nuit et devant la porte qui coulisse au moindre souffle, une femme au téléphone murmure des mots terribles. A l'intérieur la lumière crue et l'habituel silence chargé d'angoisse. Trois grosses très grosses femmes avachies lorgnent un homme affalé dans une chaise à roulettes, à bout de souffle. 
A gauche l'accueil, une autre femme, étonnamment affable nous renseigne. Oui il est bien pris en charge, depuis à peine une demie-heure. On ne pourra en savoir plus que dans deux ou trois heures. Impossible d'aller le voir.

Alors nous repartons, le coeur un peu serré, un peu perdues. Tout à l'heure B. téléphonera pendant que j'essaierai de dormir pour être en forme s'il faut le chercher au milieu de la nuit.

Lorsqu'à six heures je me réveillerai, personne n'aura appelé pour nous demander de le chercher. Et quand à sept heures j'aurai des nouvelles, ce sera pour apprendre qu'il est en pneumo, mal en point.

Débutera alors une longue semaine d'incertitude. La fragilité d'une vie, le fil qui se tend et tremble, s'effiloche dangereusement.

On saura presque avec certitude qu'il a fait une très grave allergie médicamenteuse, une toxidermie compliquée par sa maladie. Il faudra encore des semaines avant qu'il remonte la pente.
Et ce week end encore je remonterai pour aller l'embrasser, là haut en Alsace.

jeudi 28 juillet 2016

l'apéro abandonné

Et puis maintenant la machine à laver ! 

B. et moi, grillant sous le soleil étincelant, nous lamentons. Week end de merde !
Je viens juste de manquer basculer en reculant avec la voiture, dans le champs à côté, la veille à Nice un minable a tué des dizaines de personnes, mes mollets sont dévastés par une attaque de fourmis.

Ah mais di'don ! dix neuf heures, Apéro !

Au diable les mauvaises nouvelles, en riant nous interpellons JP qui fait la sieste dans la chambre au chien assis. Ouh Ouh JP c'est l'heure de l'apéro !

Mhmmm B. s'inquiète, pas de réaction ? L'heure est grave.
Je vais voir lui dis-je et je monte l'escalier, prête à secouer notre grand dormeur.

Il grelotte, sous la couette, il fait trente degrés dans la chambre. A peine arrive t-il à ouvrir les yeux tant ils sont gonflés. Quatre à quatre je descends les escaliers, thermomètre, je remonte. 39,6 ° pas bon du tout.
Le 15 au bout du fil, historique de la maladie, description des symptômes. JP cherche son souffle, une ambulance est envoyée en urgence.

On imagine encore que le passage à l'hôpital sera bref, on l'embrasse lorsqu'il monte accompagné des ambulanciers dubitatifs sur la réalité de l'urgence.

A tout à l'heure et fait quand même un peu semblant d'aller mal, pas qu'ils nous prennent pour des zozos.

L'ambiance a chuté, l'apéro abandonné. Soudain tout semble si dérisoire, je sais déjà qu'il est inutile de se précipiter, remontent des souvenirs qui semblaient à jamais effacés.

Allez, on y va, Colmar est à une vingtaine de minutes, le temps qu'ils le prennent en charge, il sera peut être déjà là à attendre qu'on vienne le chercher.

Le soleil s'abîme dans les vignobles, le parking de Pasteur est presque vide et nous traversons l'hôpital désert. Tu iras rechercher la voiture parce qu'il doit être fatigué me dit B., inutile de lui faire faire tout ce chemin à pied...

mercredi 27 juillet 2016

un soupir

J'étais dans la pénombre de cette chambre d'hôpital, attendant que JP revienne de son scanner. Le vieux monsieur d'à peine soixante seize qui en paraissait quinze de plus, dormait enfoui sous ses couvertures, dehors quelques oiseaux pépiaient, je twittais, j'attendais, pas de bruit...

Et puis la fille du vieux monsieur que j'appelais en mon for intérieur, Maître Yoda tant il lui ressemblait, est arrivée, a posé son sac, s'est approchée du lit et a dit : Papa je suis là. Il a vaguement ouvert un oeil, noir, et a replongé dans un sommeil profond.

Nous sommes restées silencieuses, un moment, puis nous sommes regardées. Il a l'air si gentil votre père. Il a l'air a-t-elle dit, il est terrible en réalité. Nous avons entamé une conversation, chuchotée, son père avait une tumeur au cerveau, faisait des crises d'épilepsie et puisque caractère de cochon, refusait toute aide chez lui. Il était donc là, en surveillance, le temps de l'adaptation du médicament.
Seul depuis deux ans.

Assise sur la table, balançant légèrement les jambes, regardant son père dormir, moi dans le fauteuil bleu à roulettes, l'Ipad posé sur mes genoux. Le ventilateur bruissant. Puis, dans un soupir elle a dit : Les deux années passées ont été rudes. Ma mère d'abord, puis ma soeur un an après et le treize novembre mon fils, au Bataclan.

Mes yeux se sont noyés de larmes, le silence s'est posé comme un voile, sous ses couvertures Maître Yoda dormait.