dimanche 4 décembre 2016

des Postes et des postiers


Toute la semaine ce foutu St Nicolas me trottait dans la tête. J'avais, largement à temps, acheté quelques douceurs pour celui de C., pour G. étant comme sa mère, pas bec sucré pour un sous, ce sera cette année un virement en direct de bon saint.
Et puis, les jours avaient passé et le soir je m'écroulais lessivée sans courage.
Hier matin, après une nuit réparatrice, un visage repassé, un tonus retrouvé, douchée, dès mon délicieux café au lait bu, je suis partie d'un bon pas à la poste St André.
Une petite poste avec le plus adorable postier existant sur terre. Toujours souriant, aidant chacun à remplir les documents, un mot gentil à tous, bref un amour de postier. On a papoté un petit moment, personne n'attendait derrière moi, il a cherché les emballages décorés joliment, et au moment de payer, après la rituelle question, vous avez tout ce que vous vouliez, j'ai tout à coup pensé aux timbres pour les voeux. Ah ben tiens, vous avez déjà les timbres illustrés pour la nouvelle année ?
Ouiiiiiii il les avait, et en plus cette année me dit-il, ils sont à gratter. Il y a des lots à gagner, et même de très beaux lots !
timbres à gratter

Je prends deux carnets, il me conseille si je veux que le paquet parte encore le jour même pour arriver à temps, d'aller à la poste du centre, on se salue, je repars sourire au lèvres, mes cartons sous le bras, courant plus que marchant pour aller vite vite faire le nécessaire.

Je rentre, j'emballe à la va'comm'ch'te'pousse le tout et file au centre.

Lonnnnngues queues partout, la jeune femme devant moi a une montagne de paquets, des enveloppes pleins les mains, je l'interroge "Je suis bien dans la bonne file ?" Oui me dit-elle, et même si les paquets n'ont qu'à être tamponnés puisque déjà timbrés d'office, c'est toujours aussi long. J'attends, j'attends et vois les minutes passer. Au guichet les postiers semblent figés dans une sorte d'espace temps qui ralentit leurs gestes. Ont ils décidé de faire un mannequin challenge ?
Parfois la file bouge un peu, on se resserre, on soupire. Brusquement, la jeune postière qui mâche consciencieusement son chewing gum au guichet juste à côté, se lève pour accompagner son client et le foutre devant moi parce qu'elle ne sait pas quoi faire avec lui et que MA postière saura, elle, s'en occuper. Foutre diantre de merde pensé je in peto ! Je dis à cette jeune femme que j'ai juste un paquet à faire tamponner et que là j'attends depuis un certain temps.
Ben c'est comme ça me dit-elle avec hargne, y'en a qui attendent bien plus longtemps pour moins que ça, juste pour un renseignement. connasse
Je respire, je pense au ciel, à la mer, aux nuages, loin loin...
Et puis mon tour est arrivé, mon paquet tamponné à temps, j'ai remercié la postière, lui ai fait un sourire doux, souhaité bonne journée et descendant les grands escaliers en pierre j'ai effacé d'un coup l'exaspération inutile.

La prochaine fois je retourne à St André !

samedi 3 décembre 2016

longueur d'onde


Le bail est signé, les sous empochés, fiche de boite aux lettres complétée, allez on file faire l'état des lieux. C'est à deux pas de l'agence, nous y allons ensemble à pied. Il est jeune, travaille en Suisse, un peu austère, en chemin je tente une ou deux phrases, lui demande quand il a visité l'appartement. Du bout des lèvres il me répond, je comprends qu'il l'a vu avant qu'il soit refait à neuf, parquets, murs, plafond, je l'ai visité le matin même et je l'ai trouvé vraiment beau.
J'aime faire entrer des locataires dans des beaux appartements, propres, spacieux, bien placés, lumineux. Je suis contente, épuisée mais contente et nous marchons d'un bon pas.
On démarre par le garage, grand, propre, électricité et porte qui ferme parfaitement. Puis on va voir la cave, petite mais saine (important pour pouvoir y stocker des valises ou cartons) porte en bon état, les sous sols sont eux aussi très propres. Nous montons voir la boite aux lettres, remplie de publicité que je mets dans la corbeille prévue, la porte ferme à clef, sans jeu, parfait.
Dans l'ascenseur aux dernières normes, je souris, me réjouie de le voir découvrir l'appartement qui était franchement moche. J'ouvre la porte, le fais entrer, le regarde... rien... Il est debout, inexpressif.
Une petite mouche est posée sur le chambranle de la porte de la cuisine immaculé, délicatement il l'attrape, l'approche de ses yeux, et dit d'une voix sévère "j'espère que ce n'est pas une punaise de lit." Puis montre du doigt une cloque de deux centimètres sous la toile de verre neuve "Là c'est décollé !"
Oui je suis là pour ça, je constate, note, ferai le nécessaire pour que cela soit recollé. Mon énergie est au ras du parquet, j'écris, il inspecte sans un sourire. Pointe du doigt le moindre petit défaut , il est réfrigérant.
Et lorsque, ouvrant le meuble au dessus du lavabo il s'offusque que les tablettes en verre soient parsemées de traces de goutte d'eau, je lâche l'affaire.
Quelle tristesse...

vendredi 2 décembre 2016

et ça continue encore et encore


Une journée de formation inintéressante passée à écouter lire des textes de loi par un animateur qui n'anime pas grand chose. Mais une journée loin de l'agence, entre collègues, et un bon repas sous le Parmelan, sans penser au travail qui s'amoncelle au bureau et qui sera difficilement rattrapable, c'est un petit moment à savourer.
Surtout que le soir, à peine de retour à l'agence, la nouvelle collègue a donné sa démission, immédiate. De quatre débordées nous ne serons donc plus que trois... noyées !

Ma nuit a une fois de plus été plus éveillée qu'endormie, à cette allure c'est vingt ans que je vais me prendre dans les dents. Je tourne, tourne dans le lit, impossible de déconnecter du bureau, malgré mes tentatives de méditation, yoga nidra, plantes diverses et même mug de lait chaud au miel. A deux heures du matin je démissionnais de façon fracassante devant JP désolé, quatre heures de sommeil plus tard je m'arme de courage en espérant que pour une fois la direction prendra un peu ses responsabilités et ne nous lâchera pas dans les dents le poste vacant.

Avec tout ça je n'ai pas encore envoyé le St Nicolas à mes enfants, mon bureau déborde de paperasse, le linge s'amoncelle et ma P.A.L. attend que je m'y attèle.


jeudi 1 décembre 2016

les bonnes résolutions


Le froid est cinglant, je pédale en longeant le très joli parc sous le soleil, je file faire un état des lieux de sortie d'un grand appartement.
Au pied de l'immeuble elle m'attend le téléphone à l'oreille et s'exclame lorsqu'elle me voit, Ah elle est là, je vois son vélo !
Une petite dame souriante.
"On va d'abord filer à la cave voir si tout va bien et on démarrera l'état des lieux tranquillement." Oui oui dit elle en fouillant dans ses poches pour trouver la clef, qu'elle a laissée en haut...
Bon pas grave on monte et dans l'ascenseur elle me dit J'ai nettoyé tout l'appartement vous verrez, il n'a jamais été aussi propre, bien plus propre qu'à l'entrée.
Il y a des phrases qui pourraient faire partie du Bingo EDL. A y'est j'ai coché la première case.
Elle pousse la porte qu'elle a laissée ouverte, en face de moi une baie vitrée où le soleil tente de passer à travers les traces innombrables et grasses. Aïe ça commence mal.
Une fois la boite aux lettres, remplies de courrier encore, et la cave vues, nous remontons et je démarre.
Entrée, parquet bon état, murs propres, interphone... interphone couvert de grosses traces noires avec juste en dessous un interrupteur à l'origine blanc.
Ah oui là j'ai oublié dit elle. Elle a oublié tous les interrupteurs, toutes les prises, tous les lustres...
Je fais coulisser les portes du placard  "Oh mes radios"
Ah vous faites ça vraiment bien me dit-elle alors que j'ouvre le réfrigérateur dont les portes collent, pour y trouver une casserole remplie du dernier repas, une purée et quelques canettes. Et puis il y a la chainette en or coincés dans le joint de la machine à laver, le hublot presque noir, le filtre blanc de graisse au fond du lave vaisselle, la compote oubliée à côté du parasol qui lui aussi doit dégager, des cheveux. Elle a fait couper l'eau, impossible de vérifier la robinetterie et surtout de faire un petit coup de ménage vite fait.
Elle est seule avec deux grands enfants, se débat entre son travail et sa vie qui semble un peu compliquée. Une entreprise de nettoyage lui coûtera une bonne partie de son dépôt de garantie, elle a perdu une clef et un des murs est très noirci, peut être à repeindre, dans ma tête je cherche une solution pour alléger la facture.

Et comme à chaque fois, mes résolutions se sont envolées. Je me promets de ne plus être attendrie, de ne plus m'investir émotionnellement et paf, un regard doux, une pointe de malheur évoqué, et je suis prête à venir le week end avec mes gants et mes éponges, faire le ménage comme il s'entend.

Allez, je vous laisse une clef (je n'ai pas le droit je n'ai pas le droit je n'ai...) vous revenez avec de l'eau, un seau et vous nettoyez tout ce que je vous ai noté. TOUT et vite, je vous laisse jusqu'à vendredi.

On verra bien vendredi, je croise les doigts...

mercredi 30 novembre 2016

et de trente une fois de plus.


Dernier jour du mois de novembre, dernier jour de ce petit défi que je m'étais faite, d'un billet par jour.
L'année dernière j'avais continué sur ma lancée, je verrai demain, mais je regrette souvent de laisser passer les jours sans écrire. Il m'arrive de retourner lire un billet, lorsque brusquement il sort de l'ombre dans mes stats, et cela remémore des instants oubliés parce que fugitifs.

Il y a dans cette discipline d'un billet par jour, l'obligation de pondre quelque soit l'humeur, l'inspiration, le désir, qui fait que malgré l'irrégularité de ce qui est écrit, le plaisir de retrouver le fil d'un mois complet est pour moi très plaisant à retrouver plus tard.

Je verrai demain et les jours suivants, mais là tout de suite, je vous souhaite une bonne journée !





mardi 29 novembre 2016

brasse coulée

Pour l'instant je tente juste de garder la tête hors de l'eau et de ne pas oublier trop de choses.

Trop de choses à intégrer sans avoir le temps de bien les comprendre.
Hier soir je suis restée jusqu'à dix neuf heures pour faire des baux en retard, je fais les entrées en fin de semaine et j'ai besoin encore que l'on vérifie s'ils sont exacts. J'imprime les différents documents nécessaires, et la quittance ressort vierge, pas un montant rien. Aïe me dis-je, j'ai fait une boulette quelque part et je vais devoir demander à Bruno d'effacer des écritures. Du temps perdu, je suis bloquée, impossible de finir ce bail.
Puisque "la femme de ménage qui sent tout de même très fort sous les bras" est arrivée, je plie bagage, vais déposer sur le bureau de la chef un autre dossier fini pour demain et miracle incroyable, tombe sur mon autre chef. Je lui raconte ma boulette. C'est tout bête, j'ai mal renseigné le mois de la quittance, en deux secondes l'erreur est corrigée, j'aurais pu finir ce dossier.
Mais il est tard, j'ai éteint mon ordi, il fait nuit noire et je veux rentrer. Cela met le doigts sur un truc que je n'avais pas enregistré, dorénavant c'est sûr que je ferai plus cette bêtise, petite consolation.

Toute la journée est parsemée de ce genre d'erreur, d'oubli, qui nous bloquent toutes les quatre. C'est assez stressant, le silence bourdonne lorsque nous sommes plongées dans notre travail, et les artisans qui passent, semblent un peu déçus de ne pouvoir papoter comme avant.

Feïza appelle cela, être en mode mute, et j'y excelle me dit-elle.

lundi 28 novembre 2016

bouquet

Je ne dors plus très bien, je dors d'ailleurs de moins en moins bien. Je me réveille sans arrêt, longtemps, parfois je replonge dans un mauvais sommeil, juste avant qu'il soit l'heure de se lever.
Chamade est bien contente d'avoir des gratouillis la nuit, je sais aussi ce qui se passe dans le monde grâce à twitter qui me permet de ne pas me tourner et retourner dans mon lit en attendant que le sommeil revienne faire un petit tour.
Samedi à quatre heures ma nuit était terminée, finie, kapout !
Merde quand même ! Un samedi !
Je me souviens de ces week end où je ronflais jusqu'à onze heures, où je râlais quand le père de JP appelait et nous réveillait un peu avant midi. Là ! quatre heures ! Ce n'était plus possible.

Il était temps que je fasse quelque chose, surtout que je commence à avoir une tête de très vieux truc lorsque je me regarde dans le miroir.
Je cherche sur internet, Valériane, Passiflore, Aubépine... J'ai un vague souvenir de valériane mal supportée, je n'en suis pas très sûre, mais je préfère voir avec ses deux copines. Le soir je teste. Deux gélules de passiflore au moment du repas, deux gélules juste avant de me coucher avec une d'aubépine.
Je fais des rêves agités, j'émerge de temps en temps pour replonger immédiatement dans un sommeil profond. Le matin je me réveille à sept heures moins le quart Youhou !! Grasse mat ! Et je me sens reposée et en forme.

Alors hier soir j'ai réitéré et ce matin, c'est la sonnerie du réveil qui m'a sortie de mes rêves.

Alléluia !!