vendredi 20 octobre 2017

On picole

Enfin ! Hier après midi est arrivée l'information tant attendue et libératoire pour G. Toutes les signatures avaient été réunies pour qu'il puisse démarrer sa thèse.
Youhou !
Evidemment, JP et moi qui ne loupons jamais une occasion pour ouvrir une bouteille, avons trinquer avec lui. Et rien de mieux que ce délicieux crémant, un Langlois, brut et vraiment digne d'un très bon champagne.  qu'il avait rapporté de son dernier voyage à Angers, lorsqu'il était allé soutenir son mémoire du Master2.

Parfait pour fêter le démarrage de G. dans une carrière professionnelle qui, je l'espère, lui permettra de voyager, découvrir de nouveaux horizons, et surtout surtout, le passionnera.
Il va maintenant pouvoir décompresser, partir avec C. à Oléron une petite semaine, avant de se plonger dans trois années intenses.

Et pour nous, ce sera un excellent prétexte pour aller nous balader en Bretagne, où il va s'installer dès novembre.

Nos deux enfants autonomes, une page se tourne...

jeudi 19 octobre 2017

pense-bête

Quel bazar les mots de passe !

Ce matin, deux fois je me suis heurtée à un soucis de mot de passe, au point que je me suis demandée si je n'avais pas été piratée. Direction immédiate sur le site de ma banque, ouf, là j'ai pu y entrer sans encombre.

JP ne s'embarrasse pas de ces choses là. Un ou deux mots de passe lui suffit. Et moi qui en ai un pour chaque site, CHAQUE SITE ! Des compliqués, avec majuscules, minuscules, chiffres, tous notés dans un mémo papier discret, qui, je l'espère, si nous sommes un jour cambriolés, ne pourra être embarqué. Pourtant je sais qu'un bon hackeur s'en fiche totalement de mes petites combines, s'il veut entrer il entre.
Et en ce moment, c'est fou le nombre de mes locataires qui voient leurs comptes débités par des malotrus.

Parfois je me dis "Et si tu perds la tête ? Comment feras-tu pour te balader sur internet ? Revenir sur ton blog y retrouver des bouts de mémoire ?"

mercredi 18 octobre 2017

murmurer

Hier c'était, je ne l'ai appris qu'en milieu de journée alors que je trainais sur le net, attendant que mon correspondant veuille bien décrocher, que c'était la journée du don d'organe.
Le don d'organe qui sans lui ne me permettrait pas de serrer dans mes bras mon adorable fils d'un mètre quatre vingt cinq si tendre et si bienveillant.
Passant mes mains dans sa chevelure bouclée et drue, je me souviens de lui petit, si fragile, plein de vie alors que nous attendions ce don pour lequel une journée lui est dédiée.
Je pense alors à ces parents qui, leur enfant à peine mort, et malgré leur immense détresse, ont fait ce geste incroyablement bon, donner un avenir à mon fils.
L'ultime geste d'amour.
Et si j'en avais le pouvoir, j'irais dans leurs songes, les embrasserais tendrement, et leur murmurerais combien je les remercie de m'avoir permis de voir mon si doux bébé devenir ce grand et beau jeune homme.
Leur dire encore et encore qu'ils seront à jamais lovés dans mon coeur.

mardi 17 octobre 2017

sérénité

Je reste la plupart du temps très calme au téléphone, très très calme, au point que parfois je dois donner l'impression que je viens de me lever. C'est très très rare que j'élève la voix, il faut vraiment que la personne au bout du fil ait largement dépassée les bornes. J'élève la voix, mais je ne crie pas. Froidement, très très froidement, cinglante, je remets la personne à sa place, la préviens que je vais raccrocher, dis au revoir et pose le combiné sur sa base.
Ensuite vient l'épuisement.
Vidée émotionnellement, avec l'envie de sortir et d'oublier ce boulot à la con.

Hier, malgré le temps magnifique, l'humeur était électrique, mais moi tranquillement j'ai fait mon taf, calmement, personne n'aurait pu me faire sortir de mes gonds. Même Kriss, vraie pile électrique, à qui je posais une question sur une locataire au compte plus que négatif, et qui instantanément s'était mise à vociférer à l'autre bout du fil, exaspérée non par moi mais par le propriétaire qui laissait faire, m'a laissée de marbre. En raccrochant je me suis juste faite la remarque qu'il était dommage qu'entre collègues on ne sache pas garder ses nerfs.

Oui en ce moment je suis zen, au point que les nombreux états des lieux qui se profilent à l'horizon ne soulèvent plus une once d'anxiété.

Vous ai-je dit que doucement  je lâchais Twitter ?

lundi 16 octobre 2017

Et puis le week end


Sur mon balcon, les fleurs que j'avais un peu oubliées, s'offrent un second petit Eté. Les tomates refleurissent, les fraises rougissent, mes salades s'étoffent et le basilique déploie ses parfums au grand bonheur de la truffe de Chamade.

Puisqu'il faisait si beau, nous sommes allés tous les trois, G., JP et moi, visiter une maison que j'ai à la location dans mon portefeuille. Ancienne maison sur les hauteurs d'Annemasse, entièrement et très joliment rénovée. Trois étages, un jardin immense et une vue sur les Alpes qui hier étaient blanches immaculées. JP rêvait, G. se voyait bien y vivre en coloc. J'imaginais déjà l'état des lieux, 7 pièces et trois salles de bain, garage, chaufferie, cave immense, jardin arboré, pas de piscine heureusement. Mais encore faudra t-il trouvé un locataire.

Au retour il fallait remettre en route la batterie de ma voiture qui était totalement à plat. Sans doute G. avait-il laissé une porte mal fermée et le plafonnier resté allumé. Puis restait à faire un brin de ménage, et surtout à profiter du balcon et lire au soleil, un petit verre de rosé à porté de main.

Je ne sais jusqu'à quand ce temps estival stagnera sur la France, mais j'ai choisi de faire l'autruche et de profiter sans culpabiliser de ce réchauffement climatique qui ne se cache plus.



vendredi 13 octobre 2017

Et Hop vendredi !

Le rituel de la brioche perdure, bien que certains vendredis je vienne à l'agence les mains vides. Il ne faut pas que cela soit tant une habitude, que cela lasse.
Ce matin est un jour brioché, j'ai acquis une telle technique depuis neuf ans que je la fais, qu'il ne me faut qu'une ou deux minutes pour la mettre en forme. La pâte se fait la nuit, je programme ma machine à pain, y mets tous les ingrédients et une heure et demie avant mon réveil, elle se met en route.
Voilà, c'est très simple, je me lève, me lave les mains, hop hop je renverse la cuve sur ma feuille en silicone, rabaisse le pâton, verse une quantité raisonnable de pralines concassées, étale, enfonce un peu les amandes roses, roule le tout, pose le boudin sur une plaque, recouvre d'un torchon propre et y'a plus qu'à attendre une bonne heure pour enfourner le tout, doré à l'oeuf, au four à 180° pendant vingt cinq minutes tout pile.
La brioche est encore chaude lorsque je la glisse dans mon sac à dos, et tout le long du chemin, je la sens, sur mon vélo, qui me réchauffe doucement.
Malgré ce petit virus qui a fait persister un mal de tête latent pendant quatre jours, cette semaine une fois de plus a été plus que cool. Il y a bien eu un radiateur qui a explosé en plein milieu de la nuit, chez un de mes locataires, justement en déplacement pour trois semaines. Les pompiers sont venus, ont défoncé la porte, cassé une fenêtre, mais l'eau a été pompée avant que l'appartement ne soit endommagé. Et le matin, plombier, serrurier, vitrier mandatés en urgence, tout ou presque était remis en état avant midi. Le locataire que j'ai informé au fur et à mesure de la journée semblait rassuré, et moi contente que cela se déroule si bien. Il y a eu aussi ce rendez-vous presque oublié, mal de tête oblige, où je suis arrivée suant soufflant avec dix minutes de retard. Ces rendez-vous compliqués à mettre en place pour des signatures de baux avec des gens qui "eux" travaillent et ne peuvent venir qu'entre vingt heures et trois heures du matin les nuits, de week end et de pleine lune si possible. Patience et longueur de temps...
Mais il a eu aussi ces deux propriétaires venus juste me dire merci de leur avoir envoyé des photos de leur appartement refait à neuf, ce locataire si content que toutes ces demandes aient été acceptées par sa propriétaire, ces fous rires entre collègues, ce copain débarquant hier soir avec un pinot gris et de quoi pic-niquer en bavardant, et le soleil constant, les températures douces...

jeudi 12 octobre 2017

La colère

Il y a cette "découverte" des agissements de Weinstein, il y a la couverture des Inrock célébrant le retour "tant attendu" de Cantat, il y a ces femmes qui meurent assassinées par leurs compagnons, simple "drame familiale" en page de faits divers, il y a Trump qui brandit en étendard sa misogynie, et toutes ces religions qui considèrent les femmes comme le mal incarné.
Il y a ces actrices, Catherine Deneuve en première ligne, qui pleurnichent qu'il faut maintenant arrêter d'embêter ce pauvre Polanski, ce pauvre Woody Allen.

Jeunes nous brandissions notre féminisme chèrement gagné par nos mères. Elevées par des femmes qui revendiquaient leurs droits, qui fêtaient la moindre avancées, la pilule, le chéquier personnel, le droit de faire des enfants ou non, l'avancée vers ce que nous imaginions n'être plus que l'affaire d'une dizaine d'années avant que nous soyons les égales des hommes. Mêmes salaires, mêmes droits.

Qu'est ce qui fait que les hommes se sentent si supérieurs ? Sincèrement, je me pose souvent cette question.
J'aime les hommes, vraiment. Pas tous évidemment, mais qui aime tous les hommes, toutes les femmes ? J'aime les hommes, mais je ne me sens jamais inférieure, jamais.
Jamais je me dis qu'un homme est supérieur parce qu'il est un homme.

Et pourtant combien de fois me suis-je sentie en danger face à eux ! Je ne compte plus les soirs où j'accélère le pas, entendant derrière moi les pas d'un autre. Deux fois j'ai été violée, une fois à la manière d'un Weinstein, une autre fois sous la menace d'une arme. J'ai eu pour ces deux hommes un mépris absolu, irrémédiable. L'un est reparti continuer sa prédation, l'autre est allé directement en prison. Entre les deux j'avais grandi, pris de l'assurance, décidé que ce serait la dernière fois que l'on me traiterait comme du bétail.

Mais combien de temps encore, certains hommes se sentiront le droit de détruire les femmes, pour leur bon plaisir, leur jouissance malsaine, sans que ne se soulève enfin le vent de la colère.