mercredi 22 mars 2017

lecture du dimanche et mort des magnolias

Après avoir fait un grand écart majestueux en glissant sur le sol devant une rangée de caddie, m'être relevée avec difficulté et boité dignement en faisant les courses, j'ai passé un week end calme sans vraiment pouvoir me déplacer tant mon biceps fémoral renâclait à se mouvoir. Alors je me suis mise au soleil, et j'ai lu le deuxième tome de la saga des enquêtes de l'inspecteur Harry Hole.

Les cafards de Stieg Larsson. J'ai plus accroché que le premier, j'ai même oublié qu'il s'agissait d'un ancien footballeur. Cette fois-ci l'enquête se passe en Thaïlande, un ambassadeur assassiné dans un bordel de Bangkok. Il faut rester discret pour éviter le scandale en Norvège et l'inspecteur Hole est dépêché pour faire l'enquête sans soulever de vague. Je n'ai pas le même coup de coeur qu'avec Mankell, mais je vais sans aucun doute continuer avec le troisième volet rapidement.

J'alterne et me suis plongée pour l'instant dans un tout autre genre de livre trouvé dans ma petite bibliothèque qui survit, malgré les gros travaux du tram qui ont commencé par l'abattage des cerisiers et surtout des plus beaux magnolias de la rue de Genève, alors que les bourgeons floraux commençaient à s'entrouvrir.

C'est mal barré pour que j'aime ce tram, moi j'dis !

vendredi 17 mars 2017

un peu de culture

Trois fois qu'elle rappelle en une heure, l'antenne de l'immeuble est en panne, il est dix heures et demi, un matin ensoleillé. C'est moi qui décroche cette fois-ci, la voix est un peu tremblotante, j'imagine une vieille dame, seule chez elle, inquiète, pas de télé, à dix heures du matin.
Oui oui le syndic est alerté, une entreprise va intervenir, rapidement. Mais vous êtes sûre ? Ca sera réparé aujourd'hui ? Parce que vous savez je m'ennuie sans la télé.
Spontanément je réponds "Ben y'a la lecture si vous vous ennuyez" Elle étouffe un rire étonné, la lecture ? Je suis trop vieille pour lire.
il n'y a pas d'âge madame, pour la lecture. Au bout du fil le silence, la lecture, quelle drôle d'idée.
Le combiné raccroché, mes jeunes collègues rigolent, lire mais oui, qui lit encore. Un livre par an maximum dit Feïza, Chloé aucun tout comme Léa. Quelle tristesse une vie sans lecture, télévision en fond sonore pour se sentir moins seules une fois rentrées chez elles.

Notre député qu'on s'est choisi apparemment, nous les habitants de cette région qui est dans le quart sud ouest de la France, ainsi que celle qui porte le même prénom que moi et officie en Île de France, ont décidé que dorénavant on parlerait français sur les chantiers, la clause Molière. Mais quelle bonne idée, quelle bonne idée vraiment !!!! Avec JP qui a travaillé plusieurs années sur des chantiers, nous avons éclaté de rire en entendant cette nouvelle trouvaille, lubie, connerie, sortie de je ne sais quel sombre chapeau nauséabond de lesrépublicains. Juste à côté de notre immeuble s'en construit un nouveau, ça parle toutes les langues, ça gueule, ça gesticule, mais l'immeuble est pratiquement fini, les balcons sont pourvus depuis une semaine de garde-corps, bientôt nous aurons de nouveaux voisins. Je ne sais pas à quoi rime cette ânerie, plus près de toi marine sans nul doute.

Le printemps avance à grands pas, les forsythias jaunissent, les jonquilles, violettes et les pâquerettes couvrent les pelouses des parcs. J'aime j'aime j'aime !

lundi 13 mars 2017

Au soleil

Il faisait tellement beau, j'ai ouvert la porte fenêtre, approché le fauteuil et j'ai terminé mon livre en buvant mon café au lait, la tête tournée vers le soleil.
Le livre du bonheur de Nina Berberova écrit en 1936, trouvé dans ma petite bibliothèque du parc. J'aime les romans russes, j'aime la collection Acte Sud, j'aime Berberova. Le livre se passe en 1923, un violoniste est retrouvé mort dans sa chambre d'hôtel, suicidé d'une balle dans la tête, et sur la table est laissée une lettre à l'attention de Véra. La mort de son ami d'enfance fait ressurgir les souvenirs enfouis de sa rencontre avec Sam le violoniste. Depuis toute petite, Véra cherche à tous prix le bonheur, quitte a prendre la mauvaise voie. Elle est mariée à un homme gravement malade, qui ne bouge plus de sa chambre. J'ai bien aimé ce livre nostalgique, cette jeune femme si pleine de vie.

J'ai attaqué ensuite un livre Magistral de Sarah Barukh, Elle voulait juste marcher tout droit. Un page-turner magistral plus exactement. Une petite fille en 1943, cachée chez une nounou, sa mère partie, qui attend dans ce petit village qu'elle revienne. cliché cliché cliché... Loin de l'avoir trouvé magistral comme le dit la dernière de couverture et d'autres critiques lues ça et là, je l'ai trouvé très simpliste, écriture un peu niaise, je me suis demandée si cela n'était pas un livre pour enfant (et encore, il m'est arrivé de dévorer des livres pour enfants avec délice). Bref, vous pouvez économiser tranquillement les 21,50 euros.

Puisqu'il faisait si beau, nous sommes allés au salon du bien être. Nous sommes tombés en arrêt au stand des extracteurs de jus. Avons goûté de délicieux jus de légumes et JP a flanché. Dans une semaine nous recevrons le nôtre et à nous les jus d'herbes et de kiwi. Le truc qui me plait, c'est qu'il est inutile de peler les fruits et les légumes (bios bien évidemment).

Et puis dimanche lentement s'est éteint, il paraît que la semaine gardera son soleil au firmament.

jeudi 9 mars 2017

l'injustice

J'enchaîne les expertises, dossier complété chaque fois d'un élément qui m'a été demandé à la précédente et que je n'avais pas. Mais à chaque fois c'est encore un autre document dont a besoin l'expert et je me note qu'il faudra pour celle du lendemain rajouter encore un papier. Chaque expert a sa façon de procéder. Celui là met en doute tous les devis et rapports que je lui donne. J'apprends donc qu'il ne faut pas faire faire le devis de réparation par l'entreprise qui a trouvé l'origine du sinistre. Madame me dit il d'un ton condescendant, vous imaginez bien que le plombier va tout faire pour trouver une fuite à réparer si c'est lui qui fait ensuite les travaux.
C'est la deuxième expertise pour cet appartement. Le locataire qui m'avait tant fait de la peine se révèle assez... mhmmm... assez particulier. Lui même ne semble plus trop savoir pourquoi nous sommes là. Il y a l'expert expert, la représentante du syndic, moi, et le locataire. L'expert récapitule toute l'histoire, je découvre avec ma consoeur des éléments qui ne nous avaient pas été transmis par le locataire. Nous écoutons, il n'y a pas grand chose à faire. L'état de l'appartement nous dit le locataire était catastrophique à son entrée, ne croyez pas ce qui a été écrit et signé lors de l'état des lieux. Il y avait avant moi une noire, qui sous louait, et les noirs sont... je m'étonne de ces mots que je n'imaginais pas être dit par lui, j'en ai marre, cela fait une heure et demie que nous stagnons sans avancer d'un centimètre. Enfin nous pouvons quitter ce lieu étrange et rentrer à l'agence où m'attendent mes dossiers.
Cela fait une petite heure que je suis au bureau, message de l'accueil, Monsieur le locataire qui ne sait pas trop pourquoi il a mandaté un expert veut me voir.
Il est là, avec son épouse. Je viens de passer une heure et demie avec lui et l'expert, je n'ai pas encore les conclusions, je ne sais pas du tout ce qui a été dit une fois que j'étais partie et je lui dis.
Vous nous accusez me dit sa femme, d'être responsable de l'état de l'appartement. Elle crache ses mots, elle est très belle et je m'étonne toujours de la violence qui peut exploser si facilement. Je lui redis que je n'ai pour l'instant aucune idée de ce qui a été décidé par l'expert de sa protection juridique. Elle est de plus en plus agressive, je suis lasse, j'ai du travail et je sais que je n'avancerai pas plus que tout à l'heure dans l'appartement. Je ne sais pas vraiment ce que nous reproche ce locataire, les travaux de plomberie ont été faits, la réfection de ce qui avait été endommagé aussi, il est confus, mélange des histoires, j'ai envie d'en finir et brusquement, alors que je les raccompagne vers la sortie, elle hurle "Alors pour les syriens vous vous en occupez, vous les logez gratuitement, mais nous on peut crever ! "
Les noirs, les syriens, j'en connais une qui a un boulevard devant elle.


mercredi 8 mars 2017

Vider son sac

J'ai passé une semaine seule, tranquille, JP était à l'hôpital pour une série de perfusions sensée améliorer la guérison de son pied. Il est revenu hier soir, sa souffrance, sa morphine, son mutisme sous le bras. Mais ces sept jours m'ont permis de respirer. L''année prochaine cela fera vingt ans que nous vivons avec sa maladie, vingt ans que j'ai moi de la chance d'être en forme et de bonne humeur me dit-on.
Ouais bon...
J'arrête de caliméroriser, c'est pas dans ma nature et puis tout à l'heure je filerai vers mon bureau, retrouver ma grande copine qui est "de garde" aujourd'hui. Mais parfois tout de même, j'avoue, cela me pèse de vivre de façon restreinte en raison de cette maladie. Et ne me dites pas que je peux partir seule aussi pour me changer les idées, c'est pas si facile de laisser l'autre cantonné dans sa souffrance.
Allez STOP inutile de pleurnicher.

Sur les conseils d'une blogueuse connue, j'ai acheté Cet été là de Lee Martin. C'est un polar. J'ai lu il y a fort longtemps Martin cet été de Bernard Chambaz, je crois que c'est pour cela que j'ai eu inconsciemment envie de lire ce livre là. Eh bien voilà, ce livre se lit aussi vite qu'il s'oublie. Une petite fille part rapporter des livres à la bibliothèque un soir d'été, sans ses chaussures, sur son vélo, et ne revient plus. C'est un des habitants de la petite ville où se déroule le drame qui raconte. Alors, si vous avez envie de lire un livre, choisissez plutôt Chambaz.

JP manque de fer, il faut manger de la viande rouge lui dit le médecin, mais la viande rouge, cela fait longtemps que nous n'en mangeons plus, cela provoque chez lui des hoquets incessants et douloureux. Je cherche sur internet, les lentilles sont ferrugineuses (l'alcool non, mais l'eau ferru l'eau ferru...), par contre l'assimilation n'est pas top. Et soudain, le boudin ! J'adore le boudin, et ça tombe bien JP aussi et ça, ça passe. Alors on mangera du boudin. Du boudin aux lentilles ?

Zeus est passé, grosse pluie, vent de furie, voiture lavée, et ce matin le ciel est bleu, je vais peut être à nouveau enfourcher mon vélo, traverser les parcs qui fleurissent, humer l'air et écouter piailler les oiseaux.


jeudi 2 mars 2017

Médias vus de chez moi.

Comme l'indique mon adresse mail du blog, je suis chez Orange et j'ai donc droit, lorsque je vais consulter mes mails, aux actualités vues par eux dans ma page d'accueil. C'est curieux d'ailleurs, je me demande si ce n'est pas légèrement orienté à droite ce bidule, mais bon.
Bref.
Certains titres titillent mon attention et je clique sur l'image pour aller lire. Ah comme Hamon se ridiculise, comme Hollande est mal aimé, comme Fion est solide et injustement accusé, comme on regrette notre petit sarko. Et puis il y a les commentaires, délicieux, une langue châtiée, mesurée, pondérée, un bonheur pour démarrer la journée.
Ce matin c'est la disparition d'une famille qui est commentée, certains ont des idées de qui a fait quoi, d'autres se moquent, aucun des commentaires n'est utile, mais les commentateurs ont pris le temps de rentrer les informations nécessaires pour que soient publiées leur prose. Ils y ont, pour la plupart, craché leur frustration. Cela m'étonne encore.

Un soir, alors que l'on zappe sans grande conviction sur les chaines proposées, nous tombons sur Maison à vendre. Trois vendeurs sont en compétition pour trouver une maison à une famille. Un vendeur fait la visite du bien qu'il propose et les deux autres ricanent dans une voiture en commentant les images sur un IPad. Ce jour là, les enfants exigent une piscine, le père veux être à cinq minutes de son bureau et la mère je ne sais plus trop. On prend l'émission au moment où la famille entre dans une très chouette maison, moderne, jardin et piscine. La maison est encore meublée, les enfants montent l'escalier, ouvrent une chambre ROSE. Whaouuuuu la gamine est excitée, c'est rempli de poupées et de trucs qui brillent, tout est rose, mièvre à souhait. Commentaire en voix off, ah Machin marque un point, c'est un vrai magasin de jouets. Autre chambre, toute bleue, des voitures partout, un capharnaüm absolu, le jeune garçon en est muet d'émotion. Autre bon point dit la voix off.
Les parents tiquent devant la moquette de leur future chambre, mhmm de la moquette c'est salissant. On descend l'escalier et on trouve LA piscine, tous le monde semble assez contents, bon le problème c'est qu'au lieu d'être à cinq minutes du bureau, on en est à une bonne vingtaine. Et puis dans la salle de bain les meubles bof bof, et puis le placard là il n'a qu'une étagère, et puis le gazon il est pas tondu et puis... Etonnant que la fille n'ait pas tiqué en voyant que la poupée assise sur l'étagère avait une robe jaune et non rose. Vont ils acheter cette maison malgré tous ces inconvénients ?

Hier soir je glande, Chamade ne me quitte pas des yeux, nous sommes seules et je tombe sur Top Chef. Le moment où trois jeunes cuisiniers apprennent qu'ils vont devoir élaborer une recette avec du brie, du chocolat et des langoustes. Alors là, j'aime bien les émissions de cuisine, je les vois rarement en entier, les tunnels de pubs ont en général raison de ma patience. Il y a un jeune cuisinier, belge il me semble à l'accent, qui n'est pas servi par le montage de l'émission. Il a même l'air très limité, pour ne pas dire crétin, méprisant vis à vis des deux jeunes femmes qui font partie de l'équipe. Je suis fascinée par leur dextérité, leurs connaissances culinaires. Mais ce pauvre garçon m'agace, j'ai beau tenter de faire abstraction, les gros plans sur ses grosses lèvres boudeuses et ses commentaires si primaires ont raison de ma gourmandise, il est temps d'ouvrir un livre. 

mercredi 1 mars 2017

Soirée au bar

Hou là, déjà le mois de mars ! Janvier a passé sans que je le voie, Février m'a remis un peu en selle, les jours s'allongeant de plus en plus, ce mois de Mars devrait être parfait.
Je me suis remise, enfin, au yoga. Un peu chaque matin, ce qui évidemment prend du temps, temps pris à mon blog que j'abandonne à nouveau. Mais je prépare mon printemps et cela me fait du bien.

Je suis, depuis ma fameuse séance d'Access Bars dont je n'ai pas parlé ici tant il me semblait que cela n'avait eu aucun effet, je suis donc extrêmement décontractée en faisant mes états des lieux. Cela avait pris une telle ampleur, l'angoisse précédant ceux ci, que je n'en dormais plus. Et puis, un soir alors que finissait ma séance mensuelle de shiatsu, Lydia m'a proposé de me faire une séance d'Acces Bars la semaine suivante.
Bah pourquoi pas me suis-je dit, sans savoir du tout à quoi cela pouvait bien correspondre.
Alors, comment décrire ce truc... je me suis allongée, bien emmitouflée dans une couverture en polaire, et n'ai plus bougé pendant une heure et demi. Lydia posait ses doigts sur mon crâne qu'elle déplaçait au bout de cinq ou dix minutes. C'est tout. Voilà, rien à dire de plus.
En sortant je n'avais pas eu de révélation, le lendemain non plus, le surlendemain non plus. Mais petit à petit j'ai réalisé que j'avais repris le yoga, que les états des lieux n'étaient plus source d'angoisse profonde, que je me sentais plus légère. JP lui aussi passé entre les mains de Lydia, s'était remis à la sculpture.
Je reste dubitative et pourtant, même avec la plus mauvaise volonté, je constate que je vais nettement mieux.
Il faudrait, me dis-je,  que je tente une nouvelle séance.

Allez zou, je file à côté, c'est l'heure du yoga.