samedi 18 mai 2013

dépot de plainte

Distribution du courrier :

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vendredi 17 mai 2013

Paris ma douleur

Ces quelques mots mis en ligne l'autre jour et qu'une petite trentaine ont lus avant que je ne les efface parce que trop aigris, m'ont donnée beaucoup de grains à moudre.
 
Paris, ma douleur !

Il y a bien longtemps, je sortais de l'enfance, pataugeant dans l'angoisse et la tristesse, priant le ciel à chaque étoile filante de faire que mon avenir soit moins sombre que ne l'était ce présent, j'avais tout juste 12 ans.

Je vivais en province, partais chaque matin le cœur en vrac, dans cette école où je mourrais lentement. Le soir je regagnais mes rêves de princesse aimée et insouciante, le corps svelte, les cheveux caressant mes épaules.
Bien sûr je riais, je chantais, j'aimais, je n'étais qu'une petite fille romantique, que sa mère trouvait déjà trop ronde, mais malgré tout jolie.

Et puis un jour Paris est entré dans notre vie. Ma mère en a fait sa liberté.
Elle partait le mercredi matin avant que nous ne soyons réveillés, revenait le vendredi soir lorsque nous étions déjà couchés. Trois jours loin de nous, pour se retrouver, se reconstruire, elle était "en analyse". De là bas elle revenait heureuse, les yeux pétillants, les parisiennes si belles si chics si minces, la Capitale !
Et dans ses mots la province peuplée de ploucs m'engluait un peu plus dans mon mal être.

Alors pour ne pas me noyer, sans doute ai-je compris qu'en rejetant ce Paris formidable dont je ne ferai jamais partie je pourrai malgré cette tare d'être née en province, trop ronde et pas assez chic, construire un avenir, mon avenir.

Je dépose les armes, demain je serai à Paris.

mardi 14 mai 2013

le joli mois de Mai

J'étais partie cinq jours, suis reviendue, repars la semaine prochaine... que j'aime ce mois de mai !

Qu'importe les averses, la petite laine du matin, les gens chagrins, il me reste le lilas, le jasmin, les tomates cerises qui poussent sur le balcon. Le soleil qui éclaire jusqu'à point d'heure, la peau qui doucement prend des couleurs, les fenêtres ouvertes jours et nuits, décidément je ne suis pas une fille de l'hiver.

Samedi ou dimanche je monterai à la capitale, pour revoir ma mère plus vue depuis un an, et ma fille qui a traversé les océans deux jours durant, pour venir passer ses examens de fin d'année.
Une semaine de gris et de pluie si j'en crois les prévisions, faut-il que j'aime ma fille pour perdre une semaine de vie dans cette ville honnie.

Oui oui je sais, faut pas le dire, cette ville que le monde entier nous envie...

lundi 6 mai 2013

Poudre aux yeux

Songeuse, je contemple les petits tubes testeurs de fond de teint, essayant l'un après l'autre les textures, les couleurs, hésitant entre les différents bénéfices affichés. A la maison, le flacon de terracotta liquide, tête en bas, n'assurera plus qu'une petite semaine de maquillage, mais trop de choix me laisse indécise et je repars les mains vides.
Allez, j'ai encore toute une semaine et d'ici là grâce au soleil, un peu de poudre suffira peut être à me donner bonne mine.


Il me regardait intensément, couché sur le matelas à langer de fortune, fait de serviettes éponges trouvées dans la salle de bain de cette chambre où nous venions de passer la nuit. Je l'avais lavé, caressé, un peu massé avec une huile douce, un moment de tendresse avant les inévitables prises de sang, pesage, mesurage, palpations de toutes sortes. Nous étions arrivés la veille au soir, et si tout allait bien nous repartirions tout à l'heure en Haute Savoie, si tout allait bien...
L'angoisse me tenaillait le ventre, le jour n'était pas encore levé, l'hôtel était silencieux et sous la lumière crue de l'ampoule, son teint était blafard, mauvaise augure.
Mais il était l'heure, d'une main le sac de voyage, l'autre tenant fort le porte bébé je refermai doucement la porte de la chambre.
Dix minutes de marche rapide pour arriver au CHU du Kremlin, l'air vif, les trottoirs encore vides, en arrivant sur la place de la mairie, sous un réverbère, je regardais son visage si pâle, ils le garderont c'est sûr !
Alors, malgré le temps qui presse, je m'arrête, fouille dans mon sac, sort le petit boîtier de terracotta, caresse du pinceau son visage qui aussitôt prend des couleurs.
En arrivant dans le service, elles s’extasieront toutes sur ces bonnes joues ensoleillées par le soleil de Haute Savoie.
Le soir nous quitterons Paris.

jeudi 25 avril 2013

En prendre de la graine

Cette capacité qu'ont certains de mes locataires à mentir me laisse pantoise.

Il appelle hier, déjà très énervé, le ton de sa voix cassant laisse augurer la suite. Il vient de recevoir sa facture d'eau, énorme il est vrai, et prévient avant toute chose qu'il ne la paiera pas.
Bien... d'accord... mais ce n'est pas à nous qu'il doit la payer, et s'il ne paye pas, son eau sera coupée.

Voilà pourquoi dit-il, rentré en décembre 2011 dans l'appartement, le monsieur qui avait fait la visite avec lui, avait dit que la chasse qui fuyait serait réparée. Or, depuis personne jamais n'est venue, personne et maintenant il a cette facture qu'il ne paiera pas,  puisqu'il n'est pas plombier.
Oui, certes... Je consulte son dossier...
- Deux jours après votre entrée nous avons mandaté un plombier. Il n'est jamais venu ?
- Non je vous dis que nous n'avons jamais eu personne pour cette fuite.
Je vérifie le numéro de téléphone, cherche un éventuel message laissant à penser qu'il a rappelé pour nous le signaler, trouve une autre demande en mars de cette année, pour une fuite chasse d'eau, faite à un autre plombier.
- Ce plombier à qui nous avons fait un bon d'intervention en mars, il ne vous a pas non plus appelé.
- Non bien sûr dit-il exaspéré. C'est à vous de payer l'eau, c'est de votre faute.
Ne pas relever, vérifier à nouveau le numéro de téléphone qui semble avoir changé depuis 2011. C'est le bon numéro, toujours, et l'entreprise n'a pas appelé.
- C'est étonnant tout de même, deux entreprises qui ne vous rappellent pas ? Et pourquoi ne nous avez-vous pas prévenus que personne n'était venue ?
Je connais bien ces deux entreprises, je sais combien les secrétaires insistent souvent pour avoir une réponse, qu'elles me préviennent si elles n'arrivent pas à joindre les locataires pour que je puisse leur faire un mail ou un courrier et qu'ils prennent eux contact.
Là rien, pas un mail, pas une lettre, et pas de rappel, rien.
Du bout des lèvres, à force de questions, il m'accorde qu'un bricoleur est passé il y a deux ans mais - Il n'a fait que tripoter la chasse d'eau !

Pourquoi n'a t'il pas rappelé ? Mystère.

Je relance le nouveau plombier qui m'assure avoir laissé un message le jour du bon envoyé... sans suite. Il passe l'après midi même, et me rappelle à la sortie. Il y a bien eu changement de matériel il y a deux ans, pourquoi celui ci s'est cassé depuis, aucune idée. Mais lors de son intervention, l'épouse du locataire a admis que l'autre plombier avait changé la chasse d'eau et le robinet d'arrêt.

Voilà voilà....

mardi 23 avril 2013

Une Marseillaise et des blogueurs.

Cette nuit j'ai rêvé (et je jure devant dieu, ses anges, saints et archanges, que c'est pure vérité) j'ai rêvé donc que je me retrouvais dans une sorte d'amphithéâtre, gigantesque, rempli de monde, au côté de, je crois, Ségolène Royal. et nous attendions 16h30.  Pile à l'heure, nous avons débouché le champagne et l'on a entonné l'Internationale. Ensuite, j'ai démarré, seule, la Marseillaise que petit à petit tous le monde à reprise.
C'était un joyeux bordel, nous étions tellement heureux, nous fêtions le vote de la loi pour le mariage pour tous.

Dimanche, alors que le ciel gris clair magnifiait les magnolias en fleurs, je suis partie rejoindre Dr CaSo et quelques blogueurs, à Lausanne. J'avais bien essayé deux jours avant de perdre les quinze kilos de trop que je traîne toujours, mais malgré l'échec je n'ai pas reculé et j'ai rencontré trois nouveaux blogueurs.
Il y avait là, hormis notre organisatrice susnommée, Béo déjà rencontrée, Olivier d'Evian et son amoureux, Marie et Valvita. Et c'était bien, très bien.
Nous avons parlé, beaucoup, mangé, très bien, et bu, raisonnablement.
Et tout en parlant, mangeant et buvant, je me disais que tout de même, attendre que Dr CaSo fasse vingt heures de voyage pour enfin rencontrer Olivier, c'était exagéré. Dire que cela fait cinq ans qu'il est à une heure de route de chez moi, et que bientôt il quittera la région, découvrir qu'il est aussi, si ce n'est plus adorable que ce que son blog laisse à penser, je rageais contre ma timidité lymphatique.
C'est à cause d'elle déjà que j'ai  vécu des années à côté de Tili dont il me suffisait de traverser Genève pour la rencontrer et qui est partie sans que jamais nous n'ayons bu cet apéro promis.

Mais foin de regret, je suis ravie d'avoir fait la connaissance de Marie et Valvita, nous nous sommes quittées, nous jurant de nous retrouver bientôt autour d'un verre et sous le soleil.


vendredi 19 avril 2013

Tristesse

J'écoute ça et là, sans y prendre part tant je suis lasse de dire et redire toujours et encore que non, le mariage accordé aux homosexuels, ne provoquera pas la fin du monde, j'écoute et hurle intérieurement en entendant les réflexions de certains de mes collègues.

Hier au détour d'un couloir l'une disait à l'autre son dégoût de ne bientôt plus pouvoir se réjouir lorsqu'elle verrait un couple nouvellement marié sortir sur le perron de la Mairie. T'imagines les voir se rouler une pelle ! Et les deux de concert, faire une grimace,  beurckk.

Mon dieu, quel âge ont-elles, ces jeunes femmes dont les enfants tout petits n'ont pas encore d'amoureuse ou d'amoureux. Le monde s'écroulerait donc si jamais deux hommes ou deux femmes passaient devant le maire pour se dire oui et vivre au grand jour ce qui  toujours était à l'ombre ?

Je suis fatiguée, si fatiguée de voir cette jeunesse entraînée dans cette bataille homophobe, hurlant sa haine de l'autre, déguisée de rose bonbon et bleu culcul. 

Il me semble que lorsque j'avais leur âge, j'aurais chanté et dansé de ce bonheur annoncé.